Hello tout le monde,

Ca y est, le temps des questions est arrive.  Jusqu'a present, je savais que j'allais partir, maintenant, c'est dans deux jours.  Tout cela me semblait impalpable, j'avais pris contact avec des personnes, un ami m'a trouve un logement (une chambre chez l'habitant, tante de son epouse vietnamienne, ancienne prof d'anglais), je me sentais "entouree" et prete pour un nouveau depart.

La, a deux jours, les insomnies sont la, les questions aussi.  Prises de tete... Pfff...

"Mais pourquoi ai-je pris cette decision ?"
"Est-ce que je ne fais pas une grosse betise ?"
"Vais-je trouver du boulot ?"
"Vais-je m'adapter, seule, a 600 kilometres de mes habitudes ?"

C'est quand meme incroyable, lorsqu'il s'agissait de venir au Viet Nam, a 10.000 kilometres, ca me semblait normal et sans probleme.  La, je ne demenage pas "vraiment" loin et j'angoisse.

Vous me direz, 600 km, ce n'est pas la porte a cote, mais je suis deja allee si souvent a Can Tho et cela prend si peu de temps que je ne me rends pas vraiment compte. 

En fait, ici, les distances ne se comptent pas comme en Occident.  On pense en duree et non en longueur.  600 km, ca fait une nuit et une demi-journee.  Bah, c'est pas le bout du monde.  Non, en effet, j'y suis deja.  Alors quoi ?  Qu'est-ce qui m'arrive ?

Yann, un copain de Rafael, m'a dit "c'est le fait de laisser ton fifi tout seul".  Non, pas vraiment.  Il est installe, a un boulot, un appartement, une copine, il est plus "Vietnamien" que moi dans ses habitudes.  Franchement, non, ce n'est pas le fait de LE laisser tout seul, c'est plutot le fait que MOI, je me lance seule.  Jusqu'a present, tout ce que j'entreprenais, c'etait en fonction de lui, de son avenir et de son bien-etre.  La, c'est moi qui prends mon envol... Et quelque part, ca me fait peur.  L'approche de la cinquantaine engendrerait-elle une nouvelle crise d'adolescence ?  Est-ce si difficile que ca d'abandonner son role de mere pour retrouver son role de femme libre ? 

Est-ce le fait d'avoir decide de me debrouiller seule sans un "petit ami" sur place ?  On dira ce qu'on voudra, j'en connais un qui lui en veut a mort, mais Qua a ete ma bouee de secours pendant tout ce temps et voila que je pars seule, lui reste a Nha Trang.  Je ne me reconnais plus... Me voici desemparee comme une gamine.  Humour du hasard, pendant que j'ecris ces lignes, Eddy Mitchell chante "Pauvre Baby Doll". 

Pauvre baby doll


http://www.youtube.com/watch?v=tu3TT4dU5sE&feature=related

by Eddy Mitchell

Allongée sur son lit face au mur
Où Brando jouait encore les beaux
Elle se promet de ne plus jamais rêver
Fin de l'adolescence elle est devenue grande
Juste un peu mais assez
Pour faire une valise
Sa decision est prise
Même si c'est bien loin l'Amérique
Partir c'est l'approcher
Il y a bien une Californie
Quelque part où aller
Et tant pis s'il n'y a pas d'Amérique
Tout mais ne pas rester
Mais elle est trop fière pour mentir
Même à elle, à elle seule
Oui, elle est trop jeune pour partir
Pauvre Baby doll.
Elle profite d'une pub qui passe à la télé
Pour débarrasser les couverts,
Le dessert qu'ils n'ont pas touché
Ses parents n'sont plus rien que deux étrangers
Ils ont oublié
Qu'ils se sont tant aimés
La vie les a doublés
C'était pourtant pas loin l'Amérique
Quand ils en ont parlé
Elle n'est plus là la Californie
Il ne faut pas rêver
C'était pourtant pas loin l'Amérique
Ils n'ont pas su trouver
Elle, elle est trop fière pour mentir
Même à elle, à elle seule
Oui, elle est trop jeune pour partir
Pauvre Baby doll
Même si c'est bien loin l'Amérique
Partir c'est l'approcher
Elle n'est pas là la Californie
Il ne faut pas rêver
Et tant pis s'il n'y a pas d'Amérique
Tout mais ne pas rester
Il y a bien une Californie
Quelque part où aller

Suis-je toujours a la recherche de mon Amerique ?

Une autre... Pas mal non plus pour l'humeur du moment...



Décrocher les étoiles

http://www.youtube.com/watch?v=eH1Nb_MXM78&feature=related


by Eddy Mitchell


Décrocher les étoiles, faire s'entrouvir la mer
J'aime les obstacles mais les miracles
Ça, j'ai jamais su faire

Déplacer les montagnes, j' te dis pas les travaux !
J' suis du spectacle, faut pas qu' j' bâcle
Mais le devis est trop chaud

En clair, faudrait qu' je t'aime un peu comme un héros
Mais voilà, Dieu n' peut pas m'aider cette semaine
Il est surbooké mais m' rappellera bientôt

{Refrain:}
C'est pas qu' je me décourage
Mais t'en d' mandes un peu trop
J' t'ai menti, j' sais pas décrocher les étoiles
Déjà tout p' tit, j' montais mal les Meccano

Décrocher les étoiles, c'est un métier qui s' perd
C'est bien dommage, tout d' vient trop sage
Les rêves n'ont plus d' repaire

Décrocher les étoiles, c'est t'emmener en bateau
J' veux pas qu' t'aies d' moi une image sur un nuage
Sujet au vertige, j' peux pas monter si haut

Une petite derniere...

Pour terminer, une de mes preferees....


À nos actes manqués

http://www.youtube.com/watch?v=_JzQ8mpgLMo

by Jean-Jacques Goldman


A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n'ai pas été

Aux malentendus, aux mensonges, à nos silences
A tous ces moments que j'avais cru partager
Aux phrases qu'on dit trop vite et sans qu'on les pense
A celles que je n'ai pas osées
A nos actes manqués

Aux années perdues à tenter de ressembler
A tous les murs que je n'aurai pas su briser
A tout c'que j'ai pas vu, tout près, juste à côté
Tout c'que j'aurai mieux fait d'ignorer

Au monde, à ses douleurs qui ne me touchent plus
Aux notes, aux solos que je n'ai pas inventés
Tous ces mots que d'autres ont fait rimer qui me tuent
Comme autant d'enfants jamais portés
A nos actes manqués

Aux amours échouées de s'être trop aimé
Visages et dentelles croisés juste frôlés
Aux trahisons que je n'ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu'il aurait fallu tuer

A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A tous les masques qu'il aura fallu porter
A nos faiblesses, à nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à échanger
A nos actes manqués

Reste au moins une constante chez moi : la musique... Que ferais-je sans elle ?

A bientot depuis Can Tho