21 avril 2008
Nha Trang, le 21 avril
Au fil des jours...
Deja fin avril, le temps passe a une vitesse incroyable. J'ai tant de choses a raconter et pourtant, une fois devant ma page blanche, rien ne vient. Serait-ce le signe que je m'habitue si bien a la vie d'ici qu'elle ne me semble plus si "curieuse" ?
Dans le clos ou nous habitons, depuis le premier jour, il y a des travaux. Et ca fait un de ces boucans, vous n'imaginez pas !!!
Le voisin d'en face a change la disposition de sa maison (un seul etage de plein pied) et de ce fait agrandi les pieces. Trois jours ont suffi pour demolir les murs existants et en reconstruire d'autres. Nous avions sa facade face a nous, maintenant, nous avons droit a son derriere. J'espere quand meme que ce n'est pas notre arrivee qui a determine son choix.
Chose curieuse, enfin de moins en moins pour nous qui nous y habituons, c'est une femme qui s'est chargee de la demolition et de la reconstruction. Bon, les hommes ont un peu aide, mais si peu. La pauvre, il fallait la voir la masse a la main, puis la truelle et le mortier. Les hommes regardaient, parfois ils etaient trois, quatre a bavarder la cigarette a la main pendant que la femme se tapait tout le boulot. Je ne comprenais pas ce qu'ils disaient, mais j'espere pour elle qu'ils ne se permettaient pas, en plus, de critiquer son travail.
Une fois les murs montes, passage a la peinture. La, c'est le proprio qui l'a fait... J'ai bien ri ! La peinture a ete versee dans une jarre et il a peint son mur avec une espece de balai en cocotier. Trois couches, si je me souviens bien et c'est... bof ! Enfin, ca fait plus clair que si le plafonnage (qu'il a fait lui meme aussi d'ailleurs) etait reste tel quel. Les gravats, inutile de vous preciser qu'ils n'ont pas ete ramasses, mais etendus sur le chemin d'acces au clos. Vu le nombre de motobykes qui passent, ca s'est un peu tasse au milieu et c'est relativement carrossable, mais les deux extremites glissent et Raf s'est pris une gamelle il y a peu. Inutile aussi de lui demander de nettoyer ses crasses, il nous regarderait comme si nous debarquions d'une autre galaxie. Il faudra faire avec...
L'autre voisin, juste a cote, avait une maison en planches et un toit en tole ondulee. Une journee a suffi pour qu'il n'ait plus qu'un terrain. Tout a ete demoli avec minutie et grand fracas, les planches recuperables sont entassees sur la place publique, le toit est la aussi. Cela fait maintenant dix jours qu'un tracteur apporte de temps a autre un chargement de grosse pierres, que le voisin entasse tout autour de ce qui devrait devenir sa maison. Je ne sais pas encore comment il va s'y prendre, je suis impatiente de voir cela.
Entretemps, il a construit les chassis de fenetres et de portes. Une semaine de boucan supplementaire : zzzziiiiii la meuleuse, pan-pan-pan le marteau, zzzzzzzzoooooooooiiiiiiiiiinnnnnnnnn la ponceuse, blang-badaboum les pierres qu'on decharge... Il est des jours ou je fiche le camp toute la journee pour avoir la paix.
Mis a part cela, on peut dire que cet homme est un veritable artisan. Tout est fait main, le bois est taille de maniere a ce que les tenons entrent parfaitement dans les mortaises, les charnieres seront imbriquees dans le montant, etc... Un vrai travail de pro qu'on ne voit plus chez nous. Inutile de vous dire que tout ce materiel est aussi entasse sur la place. Ajoutez a cela une bonne vingtaine de sacs de ciments qui sont venus leur tenir compagnie depuis deux jours. Bref, plus de place pour personne, une plethore de motobykes qui ne savent plus ou se garer, un bruit pas possible...
"Et par-dessus tout caaaaa", comme aurait dit Gilbert Becaud, "on vous donne en etrenne..." : le karaoke !!! En effet, samedi et dimanche apres-midi, le voisin (de l'autre cote) recoit ses amis et leur fait profiter de son nouveau karaoke. Mildiou !!! Si encore ils savaient chanter les bougres... Mais non, que dalle, ca crie, ca fait du bruit, ca etrille mes pauvres oreilles de chanteuse... J'ai beau ne pas connaitre les chansons vietnamiennes, je reconnais tout de suite les fausses notes, et ca fait mal, je vous le jure.
Le plus penible, mais marrant malgre tout, c'est le pere. Il a une voix de crecelle, on dirait la vendeuse de poissons de la Batte du dimanche matin a Liege. Il s'essaye toujours a des chansons qui sont beaucoup trop hautes pour sa tessiture et cela doit lui arracher les cordes vocales en meme temps que mes tympans. Le fils, ca peut aller, il chante faux mais avec une voix grave, ce qui est supportable. Le copain, par contre, ne chante pas souvent, mais il est le seul a chanter juste et a choisir de bons morceaux. Je prefere quand c'est lui qui prend le micro, au moins je peux me reposer un peu.
Aujourd'hui, a 06.30 h du matin, bruit supplementaire... les tambours !!! Il y a une fete au village et elle commence par la procession vers la pagode (a 20 metres de chez moi). Tout le monde est habille en costumes traditionnels chinois (eh oui, c'est une fete chinoise apparemment), il y a un dragon et un serpent, le tambour traditionnel qu'un jeune martyrise a plaisir, les clochettes etc. C'est joli, j'admets, mais qu'est-ce que c'est bruyant !!!
La suite au prochain numero, mon estomac commence a faire du bruit, lui aussi !
12 avril 2008
Hello en passant...
Bonjour tout le monde,
Je suis tres avare de posts ces temps-ci, mais je suis aussi tres occupee. Tout le temps passe sur le net est consacre au boulot et avec la chaleur qui regne ici, je n'ai plus le courage de composer pour les amis.
En bref,
- Nous avons plusieurs demandes pour des tours a organiser Nord et Sud Viet Nam, cela prend enormement de temps.
- J'essaie de finaliser le projet caritatif Forum Vietnam, mais la, ce sont les autorites qui prennent leur temps.
- La maison est agreable, nous avons eu quelques difficultes materielles (robinet qui explose, tuyau d'evacuation pourri, petites bebetes envahissantes, etc...), mais tout rentre dans l'ordre. Les voisins sont vraiment chouettes, un peu bruyants comme tous les Vietnamiens, surtout a 6 heures du mat quand je me suis endormie a trois :-(((. Sinon, ca va, pas de problemes particuliers, l'un a change la disposition de sa maison, je raconterai cela dans un post et l'autre a demoli la sienne (en bois et tole ondulee) en une journee et est occupe a en construire une nouvelle en dur (enfin je crois, j'ai juste vu qu'on apportait un stock de grosses pierres).
- L'enseignement a commence, mais gratuit pour le moment, mon premier eleve m'enseignait le vietnamien en echange, mais ce matin il m'a envoye un sms pour que je le "depanne" de 50 USD, ce qui fait que Qua va etre charge de le remettre a sa place et de l'envoyer voir ailleurs si j'y suis. Mon autre eleve est plus gentil, il m'a propose de me payer, mais comme c'est un etudiant pauvre en IT et qu'il doit deja bosser le soir pour payer ses etudes (ca fait un bout de temps que je le connais), je lui ai dit que c'etait gratuit mais seulement pour lui, ses collegues me paieront si elles veulent egalement des cours, il faut bien que je gagne ma vie aussi...
- L'ecole francaise m'a recontactee, mais je garde cela en derniere option car meme si c'est relativement bien paye, la mentalite est tres differente de la mienne et je ne sais pas trop si j'aurai envie de consacrer cinq jours par semaine a cette tache. Wait and see...
- Le climat est tropical de chez Tropico, il fait une chaleur ... torride pour vous, tres dure pour nous. 28 degres au plus froid de la nuit et 35 degres au plus chaud de la journee. Pas d'air co chez moi, je n'ai pas les moyens, donc pour dormir, ce n'est pas toujours evident.
- La plage, je n'y vais jamais, sauf sur une terrasse bien a l'abri des sollicitations des vendeurs ambulants qui, vu la couleur de ma peau, me prennent pour une touriste et uniquement au cafe vietnamien, les prix sont plus abordables et les serveurs me connaissent.
- Nous commencons a etre connus dans le village (forcement, on est les seuls blancs) et heureusement, la, nous payons les marchandises au prix local. Pas d'arnaques ni de faux-semblants, on me connait comme prof et "girl friend" d'un Vietnamien d'un autre village, donc ca aide beaucoup.
- Rafael n'a toujours pas commence a chercher du boulot, je lui ai dit que c'etait tant pis pour son nez s'il avait des problemes pour recevoir un autre visa. J'espere qu'il va quand meme se bouger les fesses, car ca me gonfle de le voir inactif, mais bon... j'ai l'habitude. Pour le reste, il a bien change, plus de shit ni d'alcool, meme la biere qu'il boit de temps en temps, il ne la finit pas. Tout va bien de ce cote la.
Voila pour les nouvelles "fraiches"... oh le joli mot... ici, fraicheur est un concept quasi inconnu. Meme la douche d'eau "froide" est tiede le soir et chaude l'apres-midi. Bon, j'en connais qui vont dire "quelle chance elle a !". Oui, l'un dans l'autre, c'est tout a fait vrai. Quand je recois des nouvelles de Belgique, j'ai parfois envie de ressentir le froid que vous devez supporter, mais pas plus de dix minutes...
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, je vous quitte donc pour aller manger un petit "pho bo" (soupe au boeuf avec des nouilles et des legumes) et, si Qua a fini de regarder son foot a la tele, prendre en verre en amoureux.
Bisous a tout le monde !
Pat, Raf et Qua
01 avril 2008
Notre maison
En annexe, un nouvel album photos de notre maison...
30 mars 2008
Nha Trang, le 30 mars
Petites nouvelles rapides...
Oui, tres vite en passant car il est tard et je suis completement debordee.
Ici tout va bien, nous avons fait un tour dans le delta du Mekong la semaine derniere, je raconterai des que j'aurai le temps.
Nous avons egalement notre maison, le contrat a ete signe le 28 mars et nous avons presque fini de tout nettoyer et emmenager aujourd'hui. Nous habitons dans un petit clos a la campagne, la plus grande maison (of course, les etrangers sont riches). La voisine est sympa, elle a trois enfants et un mari, par contre celui d'en face me reluque un peu trop, j'ai donc du demander a Qua de venir se montrer tout de suite afin de faire taire les idees de mon trop collant voisin.
La maison est belle maintenant qu'elle est nettoyee et remise en "etat", je posterai des photos plus tard.
Pour le reste, il fait une chaleur terrible, on ne descend pas en-dessous de 27 degres la nuit et la journee on frise les 32-33. Enfin, ca va, on va encore avoir un peu plus chaud dans les mois a venir... Je bosse, je nettoye, je fais des courses et en plus, je dois faire tout un tas de remises de prix pour Qua... Eh oui, les tropiques, ce n'est pas la sieste ;-)))
Portez-vous bien tous et donnez-moi des nouvelles du pays,
Pat, Qua et Raf
14 mars 2008
Petit matin et nuit profonde.
Deux moments, deux peuples...
Hier, vingt-trois heures, coup de fil de Qua.
- Tu es ou ?
- A l'hotel, dans mon lit.
- Tu dors ?
- Je dormais, nuance...
- Je n'arrive pas a dormir. (Ben moi si, mais bon...)
Je lui demande ce qui se passe, sachant que cela fait deja deux nuit qu'il ne dort pratiquement pas. Le tour dans le Delta a ete accepte par le client, je ne vois pas tres bien ce qui peut le tracasser a ce point.
- Je ne sais pas, je me suis endormi puis maintenant je suis a nouveau eveille, je n'arrive pas a me rendormir... suivi d'un silence qui veut dire "J'ai besoin de toi".
- Tu veux venir ? Tu veux qu'on aille quelque part en discuter ?
- OUIIIIIIIIII (soulage)
Je me rhabille donc apres lui avoir donne rendez-vous devant mon hotel et me prepare a sortir. Premiere tuile, la grille est fermee par un cadenas. Je regarde s'il y a une autre issue, nada, je suis enfermee dans l'hotel. Vu la configuration des lieux, je n'avais pas du tout pense a cette eventualite.
Je me dis que peut etre le cadenas possede une serrure universelle et j'essaie la cle de ma chambre. Pas de chance, ca ne fonctionne pas. Ayant entendu du bruit, le proprietaire descend et je lui dis que je dois sortir. Je ne sais pas pour combien de temps, il me dit donc de sonner a mon retour. Grrrr, je deteste embeter les gens au milieu de la nuit...
Qua arrive quelques minutes plus tard, le quartier est tres calme, quasi vide, a l'exception des motobykes ranges en masse devant la discotheque encore ouverte. Nous partons ailleurs afin de discuter calmement. Les choses ne sont pas si dramatiques au fond et je le rassure du mieux que je peux. Une heure plus tard, comme tous les hommes eveilles en milieu de nuit, il a faim. Je lui demande ce qui est encore ouvert a cette heure et il me repond que tout est a pratiquement ferme sauf les endroits a touristes, trop chers a mon gout et je n'ai pas du tout envie de croiser des poivrots.
Nous tournons dans les rues calmes, quelques petits restos de rue sont occupes a empiler tables et chaises sur leur remorque, l'un ou l'autre est encore ouvert, mais ils ne semblent pas a son gout. Finalement, en prenant le chemin d'un "Pho 24", qui est une sorte de fast food ou l'on peut manger un pho jour et nuit, nous repassons devant mon hotel ou le petit resto viet est encore ouvert. Pourquoi pas une soupe la, c'est plus pres, moins cher et probablement bien meilleur. Nous nous arretons donc et commandons une soupe au poulet (kiem ga).
Qua me fait alors remarquer les deux filles court vetues et tres maquilles assises de l'autre cote de la rue. Elles attendent visiblement quelque chose.
- Regarde, des taxi-girls.
- Que font-elles ?
- Elles attendent les derniers clients qui vont sortir de la discotheque. Dans les discotheques et aux alentours, tu en trouve plein. Elles tournent dans ou hors de l'endroit et tentent de trouver des clients.
En effet, il est pres d'une heure du matin et la discotheque va fermer. Un groupe de jeunes sort, elles se levent, mais pas de chance, un taxi arrive et les embarque. Les filles traversent alors la rue et viennent quemander un repas gratuit, arguant du fait que la nuit a ete mauvaise et qu'elles n'ont pas d'argent. Le restaurateur les envoie paitre; je n'ai pas compris ce qu'il leur disait, mais cela a provoque quelques rires parmi la clientele. Qua m'explique alors qu'a cette heure de la nuit, mis a part quelques filles accompagnees de leur petit ami, il n'y a plus que des taxi-girls qui trainent dans les rues. Elles viennent pour la plupart du delta du Mekong et tentent leur chance a Saigon ou Nha Trang ou elles peuvent eventuellement alpaguer un touriste en goguette.
Quelques minutes plus tard, trois jeunes anglophones bien imbibes arrivent et font mine d'entrer dans la discotheque qui est en train de fermer. Le sorteur leur dit que c'est ferme, mais ils insistent et tentent de forcer le passage. Fermement et sans menagement, le sorteur les en empeche et deux serveurs sortent immediatement.
- "You go Sailing Club !!!" (c'est le bar a touristes le plus connu de Nha Trang, il reste ouvert tres tard). Les filles revenues sur ces entrefaites essaient de s'agripper aux garcons emeches, mais ceux-si semblent plus envieux de se saouler que de trouver une fille pour la nuit. Je vous passe les details des mimiques de Qua qui en disent long sur ce qu'il pense de ce genre d'abrutis. Il ne parle pas beaucoup, mon chou, mais je lis tout sur son visage.
Finalement, nous payons, Qua me raccompagne jusqu'a la grille de mon hotel et attend que le proprietaire m'ait ouvert. Je suis tres embarrassee, mais bon, il faut bien que je finisse la nuit ailleurs que dans la rue. Une femme seule au milieu de la nuit... ce ne peut etre qu'une taxi-girl ! et Qua ne tient pas a ce que sa copine passe pour une fille de mauvaise vie.
Ce matin, six heures trente...
Je sors de ma chambre pour fumer la tueuse du petit matin. La grille grince et trois touristes fraichement debarques arrivent. Quelques salutations a voix basse, il est temps de prendre ma douche et d'aller boire mon cafe.
Sept heures, je sors de la ruelle pour retrouver l'animation de la rue. A cette heure, les petits troquets sont legion, tables et chaises en plastique (taille schtroumpf), mini etals avec quelques sandwiches et paquets de cigarettes, bacs a glacons, cafe chaud, lait sucre. Le "ca fe sua da" du matin, c'est sacre. Les hommes sont deja attables, souvent en groupe et occupes a papoter ou a lire le journal. Quelques femmes accompagnees ou non, peu ou pas de jeunes filles.
Sur le trottoir d'en face, le va-et-vient des bus de nuit est a son comble. J'aime beaucoup regarder debarquer les nouveaux arrivants. La plupart sont haguards, fatigues, nerveux, ils se font tres vite harceler par les conducteurs de motobyke et taximen, certains demandent une adresse, d'autres acceptent la course proposee, d'autres encore les remballent sans menagement. Il faut dire a leur decharge que lorsqu'on a passe toute une nuit dans un confort relatif (surtout les grands gabarits puisque les couchettes sont a la taille asiatique), que c'est la quatrieme ou cinquieme fois que l'on sort d'un bus apres avoir parcouru de nombreux kilometres, on n'est pas toujours de la meilleure humeur.
Ici, devant l'arret, les motobykes drivers sont relativement calmes. Pas d'insistance trop enervante, pas de saisissement des bagages sans autorisation, ce qui n'est pas le cas partout. Qua, d'ailleurs, refuse obstinement de faire ce genre de travail, d'un cote il est trop reserve et d'un autre, il ne veut pas passer pour un casse-pieds.
Une fois les arrivants debarques, les bus vont se garer dans une rue adjacente en attendant l'equipe de nettoyage, les chauffeurs de la nuit vont pouvoir rentrer chez eux et se reposer, ceux du jour se detendent. Le prochain voyage est deja en preparation, les "partants" sont installes : qui sur sa valise, qui sur les blocs de pierre du trottoir, l'un se depeche d'aller faire un dernier petit besoin avant l'embarquement, l'autre cherche en vain un papier ou son passeport au fond du sac qui ira dans la soute.
Les chauffeurs du matin sont assis a la table a cote de la mienne, prennent leur cafe et commandent leur sandwich ou leur riz enveloppe dans une feuille de bananier. Ils rient, achetent un billet de loterie ou le journal, telephonent et finissent par se lever pour aller travailler. L'endroit se vide, mais pour peu de temps.
Les prochains clients sont "en civil", ils viennent egalement prendre leur cafe matinal avant leur journee de travail, certains arrivent au guidon de leur mobylette, leur epouse derriere et, une fois debarques, celle-ci prend les commandes et va vaquer a ses occupations. Le marchand de journaux ambulant fait son enieme passage, il y a toujours de nouveaux clients et l'un d'entre eux aura bien envie d'un journal. La vieille femme aux billets de loterie revient, elle aussi, elle insiste parfois suffisamment pour que l'un ou l'autre lui prenne un ou deux billets, parfois, elle tend la main, tout simplement, afin d'obtenir quelques dongs. Le petit cireur de chaussures passe, mais il ne s'arrete que s'il voit un etranger et ils ne sont pas legion a cette heure.
Pendant ce temps, dans la rue, c'est le defile des mobylettes portant soit un jeune etudiant, un policier en uniforme, un homme et deux jeunes enfants sur le chemin de l'ecole, une femme bien couverte par son masque, ses gants, ses longues manches et ses chaussettes afin de ne pas prendre le moindre rayon de soleil qui lui ferait bronzer la peau qu'elle veut avoir la plus blanche possible. Les bus sont bondes d'etudiants en uniforme : pantalon bleu marine ou jean, chemise blanche impeccable et lavalliere rouge. A sept heures du matin, tout ce petit monde a deja pris son petit dejeuner, fait ses exercices matinaux et s'est douche afin d'etre impeccable pour bien demarrer la journee. Les touristes dorment du sommeil du juste ou cuvent leur alcool de la veille, c'est selon. Les commerces ont fini de sortir leurs marchandises, les nouveaux arrivants ont trouve leur chambre pour la nuit et les partants sont dans le bus qui les mene vers d'autres horizons.
Il est temps pour moi de donner les 5.000 VND a ma petite marchande et d'aller faire mes exercices sur la plage. Le ciel est couvert, mais des taches bleu azur, de plus en plus grandes apparaissent. Je me pose sur la balustrade de la promenade et j'admire la mer, les vagues, l'horizon. La journee sera belle...
Nha Trang, le 14 mars...
Bonjour tout le monde,
Ah la la, comme les jours filent vite. Nous voici deja mi-mars, cela fait deux mois que nous avons passe la frontiere vietnamienne. Beaucoup de choses se sont produites en si peu de temps et tres bonnes pour la plupart.
La semaine ecoulee a ete riche en rebondissements, nous avons recu une demande pour faire un tour prive dans le Delta du Mekong et il a fallu preparer tout cela. Entretemps, je suis allee voir un des fonctionnaires du gouvernement afin de faire ma demande de licence pour enseigner dans les ecoles publiques, j'ai recu un appel de la directrice de l'ecole privee francaise pour me presenter a une interview, etc...
Nous sommes egalement alles jusqu'a Jungle Beach a moto, car j'avais beaucoup entendu parler du coin et je voulais le voir. C'est encore assez sauvage, notamment le resort tenu par un Canadien ou il n'y a que des paillotes avec un confort minimal mais dans un endroit tout a fait calme et isole, sur une plage de sable blanc et fin et avec une vue paradisiaque, devant et derriere.
Pour nous y rendre, nous avons du passer par les campagnes, les plantations de riz, la montagne, c'etait vraiment fabuleux. Une fois de plus, je me demande comment certains touristes osent dire qu'il ne faut pas s'arreter a Nha Trang parce qu'il n'y a rien a y voir.
Mis a part cela, le temps est beau et ensoleille, mais par intermittence : il y a regulierement une couche nuageuse pendant quelques heures, surtout le matin et meme s'il fait plus de 25 et parfois 28 degres, ce n'est pas encore le beau temps normal de Nha Trang. Pour nous, Belges, c'est le paradis, mais les gens d'ici se plaignent car ils trouvent qu'il fait vraiment moche. Eh oui, les reperes sont differents, il n'y a pas a dire !!!
Nous nous portons bien tous les trois, un peu moins Qua qui se tracasse du manque de touristes : normalement, il ne reste pas autant de jours sans avoir un tour a faire ou une excursion, mais cette semaine a vraiment ete mauvaise et tout le monde se plaint. Comme je lui ai dit ce matin, il faut rester positif, changer un peu d'orientation et elargir le rayon d'action. Un peu de patience et cela ira mieux.
09 mars 2008
Que c'est beau...
Ah oui, c'est a voir !
Bonjour tout le monde,
Aujourd'hui, apres une matinee fructueuse en rencontres pour mon boulot et mes renouvellements ulterieurs de visas, je suis allee prendre ma deuxieme lecon de conduite avec Qua.
Je voulais louer un motobyke, mais il a prefere prendre le sien (grande marque de confiance, je dois dire, car c'est aussi son outil de travail). Nous sommes donc partis vers le Nord, le long de la route de la plage pour arriver la ou il n'y a presque personne et ou l'on peut conduire en toute quietude.
Je fais des progres... J'ai compris comment fonctionnent les changements de vitesse, le frein arriere (qui sur la vieille moto de Qua est indispensable pour changer de vitesse car couper les gaz ne suffit plus) et le point mort (qui ne sert quasi a rien). La theorie ca va, c'est comme sur une voiture, surtout quand le motobyke est vieux.
J'arrive a faire demi-tour sans mettre mon pied par terre, a ralentir, a eviter les obstacles faciles et Qua ne tient plus du tout le guidon quand je roule (il m'a meme dit qu'il n'avait pas prie avant le debut de la lecon).
Aujourd'hui, apprentissage du demarrage (eh oui, c'est complique). La, ca coince un peu. Il faut enclencher la premiere, changer de pied d'appui (le droit sert a enclencher les vitesses, le gauche pour le frein arriere), mettre les gaz, remettre le pied sur la pedale de vitesses, couper les gaz, passer la seconde (paf ! je cale !!!). On remet ca... Premiere, deuxieme... je cale... La troisieme fois, c'est Qua qui tient la manette des gaz et on y va. Troisieme, quatrieme, troisieme... Merde !!! la pedale est trop dure ! (il faut pousser avec le talon pour retrograder tout en diminuant les gaz et en freinant du pied droit). Paf, je cale.
Et ainsi de suite pendant une heure... Le tout entremele d'allers et venues pour ne pas trop se fatiguer ni endommager la pauvre vieille moto. Les changements vers le haut, ca va, le passage de la troisieme en retrogradant est arrive lorsque j'ai decide de pousser avec l'avant du pied plutot que le talon et une ou deux fois, les arrets et redemarrages ont ete corrects. Et tout ca sans la moindre engueulade de la part de Qua, sans stress ni mouvement d'humeur. Cet homme est un modele de patience, je vais finir par croire qu'il m'aime vraiment !
Apres l'heure de conduite, nous avons decide de rentrer en ville par la montagne (j'ai prefere que Qua reprenne les commandes) et la, j'ai pu voir des endroits vraiment sublimes. La route est en construction et n'est pas encore tres frequentee. On roule tranquilles entre mer et montagne, la baie s'incurve tres fort a cet endroit et on a l'impression que ce sont des iles que l'on voit en face alors qu'il s'agit de la terre ferme. Le tout dans des tons de bleu pur et de vert intense. Quand je pense que j'ai lu dernierement qu'il ne fallait pas s'arreter a Nha Trang parce qu'il n'y a rien a y voir...!!! N'importe quelle femme qui est emmenee dans un endroit aussi paradisiaque par son copain, fiance ou mari craque tout de suite, je peux vous l'assurer !!! Je comprends encore mieux pourquoi on dit que les Vietnamiens sont d'incorrigibles romantiques.
Nous avons egalement traverse un village de pecheurs, ici aussi le petit port se trouve dans une baie tres incurvee, les bateaux sont tous bleus, les femmes trient les poissons au bord de la route, les enfants jouent et font des "Hello", les hommes se reposent avant de repartir pecher pendant la nuit; ca sent le poisson frais et le barbecue. Bien sur, c'est pauvre et meme si les maisons sont en dur pour la plupart, il existe encore quelques cabanes en tole, la route est completement defoncee et les pluies de ces derniers jours ont laisse quelques flaques, la proprete est plutot absente, mais malgre leur pauvrete, les gens sont souriants et accueillants. Ici, pas de restaurant, pas de fioritures, pas de boutiques a touristes, tout va soit au marche, soit dans l'assiette (plutot les restes, d'ailleurs, qui ne pourront etre vendus).
Apres avoir quitte le village, nous avons encore roule un petit quart d'heure tout seuls dans la montagne, puis il a bien fallu reprendre la nationale avec ses camions, ses bus, ses voitures et son bruit. Il etait cinq heures passees et tout au long du parcours, l'odeur des pho (soupe de nouilles agrementee d'epices, de legumes et de viande ou volaille) prepares au bord de la route nous a accompagnes tout du long. Nous sommes arrives en ville l'estomac dans les talons.
Decidement, Nha Trang recele vraiment des tresors incroyables et je n'ai pas fini de les decouvrir.
08 mars 2008
Solidarite
Solidarite...
Ce matin, nous etions tranquillement occupes a boire un cafe a la terrasse d'un etablissement (un superbe jardin comme on en trouve beaucoup ici a Nha Trang), lorsque nous avons vu debouler un jeune garcon d'une quinzaine d'annees. Il hurlait et etait terrifie. Il a grimpe sur une des tables et l'a parcourue a quatre pattes pour aller se refugier pres des serveurs occupes a prendre leur dejeuner.
Nous n'avons pas tout de suite compris ce qui se passait, mais les serveurs se sont immediatement leves et ont "couru" vers l'endroit d'ou venait le garcon. En fait, celui-ci etait poursuivi par des jeunes (le genre sale bande, malheureusement, il commence a y en avoir ici aussi) qui le menacaient de dieu sait quels sevices.
La bande est restee a proximite et les serveurs leur ont fait comprendre par leur presence qu'il n'etait pas question qu'ils mettent ne serait-ce que l'ombre d'une semelle dans le cafe. Ensuite, le jeune homme ayant retrouve un peu de son calme, ils lui ont offert un the glace, puis les femmes qui etaient a table lui ont egalement offert de partager leur repas.
Je ne sais pas comment l'histoire s'est terminee, car nous avons du quitter pour des courses, mais nous avons ete ravis de voir qu'ici, quand quelqu'un est en danger, les autres sont la pour le proteger et le consoler. Cela change de ce qui se passe chez nous ou Raf s'est fait tabasser sous les yeux des passants sans que personne ne bouge.
PS : Je viens de poster un nouvel album photo : "Vietnam, un peu de tout"
07 mars 2008
Nha Trang, le 7 mars...
Bonjour tout le monde !
Je devrais plutot dire "coin coin", car cela fait deux jours qu'il pleut a Nha Trang...
Hier, nous avons eu une matinee couverte puis de la pluie, puis un peu de repit, puis de la pluie a nouveau et cela ne s'est plus arrete depuis.
Resume des cinq derniers jours
Nous avons donc quitte Hue plus tot que prevu etant donne le froid de canard qui regnait, la pluie et la non necessite de rester sur place. En effet, les prix des packs scolaires etaient trop eleves et il m'aurait fallu trop de temps pour realiser le projet. Je vais donc le faire dans la region de Nha Trang.
Le 2 mars au matin, nous avons pris l'avion pour Saigon (Ho Chi Minh) et y sommes arrives a 10.10 h comme prevu. Nous avons repris le meme hotel que la fois precedente avec, cette fois, 5 $ de moins a payer car les fetes du Tet sont passees. Nous devions y rester trois jours...
Le soir, nous nous sommes concertes pour reserver le lendemain soir un bus de nuit qui nous ramenerait plus tot a Nha Trang. En effet, nous en avions deja notre content de Saigon, de son bruit et de sa pollution.
Le 3 au matin, nous avons pris la direction du consulat de Belgique afin de nous renseigner sur les demarches a faire pour Rafael qui n'a plus de domicile en Belgique et pas encore au Vietnam, la facon de transformer mon permis de conduire, etc... Nous y avons rencontre un Belge qui vit a Saigon depuis un an et demi et nous a donne de bonnes infos.
Ensuite, nous avons fait un tour dans la ville et avons pu nous rendre compte de la difference entre les quartiers traditionnels et LE quartier chic, une sorte d'avenue Louise en plus cher. Pour exemple, un cafe et un coca nous ont coute 52.000 VND, une petite fortune a cote des 15 a 20.000 que nous payons d'habitude. Pres du consulat, ils ont fait mieux, 66.000 VND pour la meme chose !!!!
Le soir, apres avoir manque le rendez-vous avec un de mes contacts qui s'etait perdue dans le quartier, nous avons pris le bus en direction de "la maison". La nuit a ete paisible, mais je n'ai pas pu dormir beaucoup, j'etais trop excitee a l'idee de rentrer "chez moi".
Le mardi matin, nous sommes donc arrives a 06.30 h et avons pu decouvrir notre nouvel environnement, un hotel paisible au bout d'une ruelle, a 100 m de la plage et en pleine ville. C'est un veritable havre de paix, on n'y entend aucun des bruits habituels de la circulation ou de la ville, les clients sont calmes et respectueux et, a notre etage, il y a une grande terrasse ou tout le monde peut se reunir afin de discuter et echanger des infos ou des ressentis. Nous y avons d'ailleurs rencontre un couple d'Allemands tres sympathiques qui ont decide de finir leur temps de vacances a Nha Trang plutot que d'aller a Mui Ne.
L'apres midi, Qua s'est libere de son travail, je lui avais fait la surprise de rentrer plus tot sans le lui dire et il etait tres heureux de me retrouver.
Mercredi, nous avons fait quelques emplettes, loue un motobyke pour la semaine et sommes alles voir les prix dans les magasins afin de pouvoir concretiser le projet du ForumVietnam. Une chance, j'arrive a tout boucler en accord avec le budget et si le manager m'accorde une reduction pour la grande quantite achetee, je pourrai y ajouter un petit plus. J'ai egalement fait la connaissance d'un Americain qui vit entre Nha Trang et la Coree du Sud ou il enseigne et ecrit des livres d'apprentissage de l'anglais. Il doit me recontacter pour me presenter un ami enseignant ici a Nha Trang.
Hier, jeudi, le temps s'est couvert assez tot. Apres avoir pris mon cafe et etre allee faire mes exercices sur la plage, j'ai pris une lecon de vietnamien avec Qua... c'est un prof tres tres dur et il ne me laisse tranquille que lorsque j'ai ENFIN prononce les mots comme il veut les entendre. Autant vous dire qu'une heure, c'est long, long, long... d'autant qu'il adore se moquer de ma prononciation et que mon orgueil en prend un coup, GRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !
L'apres midi, nous avions decide de nous retrouver pour une lecon de motobyke. Avant cela, Raf et moi sommes alles a la banque pour ouvrir un compte et ensuite nous nous sommes diriges vers le poste de police afin de nous y presenter en qualite de resident a long terme dans la ville de Nha Trang. Le poste qui nous avait ete indique n'etait pas le bon et un des policiers en civil nous a rediriges vers un autre commissariat (il y en a plethore ici).
Arrives la, alors que l'on m'avait dit que la police touristique parlait et comprenait tres bien l'anglais et le francais, nous avons ete recus par un vieux grade qui ne pigeait rien a ce que nous voulions (tiens, c'est bizarre, ca me fait penser a..... non, je ne dirai rien !). J'ai donc fait appel a l'equipe et Qua est arrive en renfort. Entretemps, un autre grade, plus jeune, est arrive et il comprenait bien l'anglais. Nous avons fait connaissance, je lui ai explique la raison de ma visite et il m'a dit qu'il n'y avait pas de souci a se faire et que des que nous aurions trouve un endroit ou loger a long terme, nous pourrions nous inscrire a la commune pour obtenir certains papiers necessaires en cas de besoin.
Sur ces entrefaites, je lui ai dit que je cherchais effectivement une maison a louer et il a tout de suite telephone a un de ses amis Australien qui en a une de libre. 200 $ par mois, je trouvais cela un peu cher, mais bon... Qua m'a dit d'aller voir, une maison renseignee par un policier, cela peut etre tres interessant.
Apres cela, direction le loueur de motobykes (a vitesses) afin de prendre ma premiere lecon de conduite. OUFTI ! comme on dit a Liege... cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu un guidon entre les mains (on se calme et on ne dit pas de choses irrespectueuses, n'est-ce pas les collegues ?) et je n'ai pas rigole. Qua non plus d'ailleurs, il en a attrape quelques cheveux blancs supplementaires. En fait, le systeme des vitesses qui m'angoissait tant est tres simple, l'embrayage est semi-automatique et il suffit de couper les gaz pour changer de vitesse ou retrograder.
Les problemes sont :
- les freins : un au pied (roue arriere tres important) et l'autre au guidon (doucement, pas trop fort sinon culbute).
- le guidon : j'ai oublie que c'etait assez dur a manier
- le fait que Qua etait derriere moi et tenait les manettes au debut, ce qui m'empechait de ressentir correctement les accelerations et m'obligeait a me tenir un peu trop en avant sur les pedales; il a fini par me faire confiance et lacher prise, mais je crois que toutes les prieres qu'il connait y sont passees.
- les demi-tours : il faut en meme temps mettre son pied par terre, freiner, decelerer puis reenclencher la vitesse et accelerer.... OUFTI ! OUFTI ! OUFTI ! OUFTI ! OUFTI !
De plus, il s'etait mis a pleuvoir avant et nous avions du faire une halte forcee dans un cafe et la route etait mouillee (heureusement, il existe au bout de la baie une route ou il n'y a quasi personne).
Apres une bonne heure d'allers et venues, de demi-tours, de changements de vitesses et une grosse frayeur en manquant tomber dans un fosse, nous avons decide de faire une pause. Apres cela, nous avons du rentrer car la pluie a recommencer a tomber avec vigueur. D'apres Qua, deux heures me seront encore necessaires pour me lancer en toute quietude dans la circulation de la ville.
Ce matin, il pleuvait des cordes. Nous avions rendez-vous afin de visiter la maison et nous y sommes arrives trempes comme des soupes. Petites explications avec le policier, conseils, etc... Bref, c'est un homme tres sympathique qui s'est propose de me renouveler mon visa de six mois quand il viendra a expiration, de m'aider en cas de problemes, de me faire passer mon permis motobyke avec plus de facilite (lorsqu'on l'a, c'est a vie !) et de me donner les autorisations necessaires a la traduction de mon permis de conduire. Il n'est pas major pour rien, c'est vraiment une personne a connaitre. Nous avons egalement parle police, of course, et je vais essayer de lui fournir quelques "souvenirs" afin de le remercier lorsqu'il aura fait ce qu'il m'a promis.
La maison est vraiment superbe. Un peu chere et a meubler, mais bon... Il faut ce qu'il faut. Elle est situee a quelques kilometres du centre ville, dans la campagne et, comme beaucoup de maisons campagnardes, dans une petite cour ou sont rassemblees sept ou huit maisons. Elle comporte deux etages, deux "toilettes" qui servent egalement de salle de bains, deux chambres, un bureau, un living et une magnifique terrasse au deuxieme etage. On y a vue sur la campagne et sur la pagode qui est a une dizaine de metres a peine.
Bien entendu, les conditions sont plus strictes qu'en Belgique et je dois payer les six premiers mois de location en une seule fois... Il va egalement me falloir acheter des meubles, mais ici c'est assez bon marche. Ce qui importe, c'est surtout l'entourage et le fait que cette opportunite va me permettre de faire un grand bon en avant dans mon installation.
La suite plus tard avec d'autres nouvelles,
Pat et Raf
01 mars 2008
Hue, le 1er mars
Hello tout le monde,
Deja cinq jours que je n'ai pas ecrit. Ben oui, mais bon... je n'arrete pas de bouger, de bosser (eh oui) et les connnexions sont parfois vraiment mauvaises.
Un bref resume de ces cinq jours :
Nous avons quitte Nha Trang le je ne sais plus et avons pris le bus de nuit pour Hoi An. Nous y avons retrouve Trang (fille) et Trong (homme) - ca fait un peu "Tic et Tac", ca nous fait bien rire - et avons passe deux belles journees. La premiere, fatigues mais contents de retrouver des amis, rien de special a raconter. Une petite promenade dans la ville et de bons repas.
Le lendemain, nous avons loue un motobyke pour aller du cote de la plage. Il pleuvait un peu, pas trop, a notre depart, mais heureusement cela s'est arrete. Trang a une soeur qui tient un nouveau magasin de vetements et comme nous faisons un peu partie de la famille (il faut dire que Trang est amoureuse de Raf), j'ai obtenu de tres bons prix pour deux pantalons, trois blouses en soie et deux chemises pour Qua.
Nous sommes ensuite alles sur la plage avec Trang, il n'y avait personne vu le temps, excepte quelques promeneurs. J'en ai profite pour tailler une bavette avec un couple qui m'a encore appris quelques mots de vietnamien. Les accents, je ne vous dit pas, il y a de quoi s'arracher les cheveux... 'ca' accent grave = poisson; 'ca' accent aigu = tomate (ou l'inverse, j'ai deja oublie). Et ca n'en finit pas... Ajoutez a cela le i qui se prononce parfois a (plus ou moins) les ng et hn qui se ressemblent et voila mon cerveau tout flappi.
Le lendemain apres midi apres avoir recu les vetements (realises en 24 heures chrono), nous avons pris le bus (de jour) en direction de Hue ou la pluie et le froid nous ont accueillis. Nous avons attrape un rhume (surtout Raf) et nous sommes mis en quete des produits necessaires a la realisation du projet ForumVietnam. Deconvenue, les prix ici ont quasi double et vu la quantite que je dois acheter, il m'aurait fallu au moins trois semaines de presence pour le realiser. J'ai donc contacte l'organisateur principal pour lui soumettre le probleme et il est d'accord pour que je realise le projet dans la region de Nha Trang. De toute facon, des enfants pauvres qui ont un grand besoin de fournitures scolaires, j'en ai deja rencontre des dizaines rien que dans les campagnes alentour.
Comme nous etions geles et que notre presence a Hue n'etait plus vraiment necessaire, j'ai change mes billets d'avion (ca m'a coute un peu cher, mais bon) et nous reprenons l'avion demain matin en direction de Ho Chi Minh City (Saigon). Raf en a plus que ras le bol de Hue et il me repete chaque jour qu'il ne me remerciera jamais assez d'avoir change mes projets pour nous installer a Nha Trang. Je crois que je vais l'enregistrer pour le jour ou il rouspetera ;-))
Cet apres midi, nous sommes passes a l'orphelinat de Hue pour dire bonjour a Soeur Chantal et aux enfants, j'etais un peu mal a l'aise, mais Soeur Chantal est une femme extraordinaire et elle m'a dit qu'elle me comprenait tout a fait. Il est inutile de s'installer dans un endroit que l'on n'apprecie pas plus que ca et elle m'a confirme que le temps est assez mauvais pendant six mois de l'annee.
Nous avons passe une petite heure avec les touts petits et il a fallu que je donne le signal du depart afin que Raf ne s'attache pas trop a la petite Lorene (deux ans). Deja lors des premieres visites, quelque chose s'est passe entre eux et je voyais bien qu'il allait avoir du mal a partir. Il faut dire que Lorene est un petit bijou de fillette, elle est tres attachante et souriante, elle a du lutter pour survivre et a ete malade plusieurs mois. Soeur Chantal a su la "rattraper", mais on sent chez elle cette soif de vivre et ce caractere deja bien trempe. Entre notre precedente visite et celle-ci, trois semaines environ se sont passees et maintenant, elle marche toute seule.
Nous sommes egalement alles dire bonjour a Christian, le mari de la patronne du restaurant "La Carambole", si vous passez par Hue, n'hesitez pas a y faire un tour, il est vraiment tres sympa et est installe a Hue depuis quinze ans, il sera enchante de recevoir des clients et vous renseignera avec plaisir.
Voili voilou, j'espere que vous vous portez tous tres bien et que je vous manque quand meme un tout petit peu....
Bises,
Pat et Raf








