31 mai 2008

Saigon, le 31 mai 2008

Bonheurs et catastrophes.

Me voici coincee a Saigon avec encore 6 heures a tuer avant de prendre mon bus pour rentrer a Nha Trang. Je profite donc de l'occasion pour vous relater les derniers evenements.

Comme prevu depuis longtemps, j'avais une mission confiee par Mike, le responsable de Forum Vietnam http://www.forumvietnam.fr/ qui consistait en l'achat et la distribution de 90 packs scolaires a des enfants defavorises. Le nombre important de packs a, a lui seul, pose le premier probleme : soit trouver plusieurs ecoles ou pagodes ou orphelinats et donc multiplier le nombre de demandes d'autorisations, de contacts et autres, soit trouver une ecole ou 90 enfants etaient defavorises. Apres plusieurs tentatives et recherches infructueuses, je commencais a serieusement me decourager et aurais volontiers cede ma place a un autre forumeur vivant au Viet Nam. Mais la Providence ou Bouddha ou le Destin (selon votre choix) en avait decide autrement.

C'est donc lors d'un circuit avec Qua et des clients dans le delta du Mekong que nous sommes tombes par hasard sur l'ecole de Long An, a 35 km de Ho Chi Minh (Saigon). Nous nous etions arretes pour prendre un cafe lorsque nous avons ete alertes par les cris des enfants en recreation. Qua, sachant que je cherchais une ecole et voyant l'etat de delabrement de celle-ci, est alle demander si on pouvait la visiter. Nos clients etaient par ailleurs ravis, surtout la jeune maman qui avait en tete de "faire quelque chose pour les aider". Nous avons ete chaleureusement accueillis et poursuivis par une bonne centaine de gamins, peut etre meme plus, criant, riant et nous suivant partout.

Pendant que la famille faisait le tour de l'ecole suivie par tous ces enfants curieux, Qua et moi sommes alles trouver une des enseignantes pour lui expliquer le projet de Forum Vietnam. Elle s'est montree tres interessee et nous a fait part de ses doleances quant a l'etat de pauvrete de nombreuses familles du village ainsi que du delabrement des batiments scolaires. Elle nous a donne ses coordonnees avec promesse de notre part d'ecrire aux autorites pour leur demander leur accord afin de distribuer les packs scolaires.

De retour a Nha Trang, il fallut ecrire la lettre (en francais), la faire traduire par une ancienne institutrice bilingue - qui n'a pas eu la gentillesse de le faire gratuitement, meme s'il s'agissait d'une action humanitaire -, envoyer cette lettre et attendre la reponse. Un mois passa, puis six semaines. Je me demandais si la lettre etait arrivee et pourquoi je n'avais pas de reponse. Meme sachant qu'ici au Viet Nam, les choses prennent du temps, surtout lorsqu'il s'agit d'administration, je commencais a me poser des questions sur le desir reel de l'ecole d'etre aidee. Je me decidai donc a telephoner a l'ecole et il me fut repondu qu'on avait peut etre recu la lettre, qu'il fallait voir, qu'on etait bientot en periode d'examens et que patati et que patata. Bref, j'etais vraiment decue de cette attitude.

Deux jours plus tard, un appel de l'ecole me rassura, le gouvernement etait d'accord, la lettre avait fait plusieurs bureaux et, cela ne m'a pas ete dit clairement, mais je l'ai compris hier en rencontrant les autorites, fait l'objet d'une enquete. L'ecole nous demandait d'attendre encore une dizaine de jours avant un autre coup de fil nous annoncant la date a laquelle nous pouvions nous presenter a l'ecole. En fait, ils voulaient profiter de la remise des prix et des bulletins, ceremonie a laquelle sont conviees les autorites et la totalite des eleves, pour nous inviter a la distribution. Apres toutes ces peripeties, je doutais un peu de la probabilite de ces propos, mais j'attendis leur appel.

Le 22 ou 23 mai, Qua recoit enfin le coup de fil nous donnant la date. C'est prevu pour le 30 mai, dernier jour d'ecole a Long An. Enfin, nous pouvons faire les achats, prevoir le depart, organiser le transport et autres activites indispensables a la bonne reussite de l'operation. Qua passe dans une compagnie de Nha Trang ou il trouve des cartables, puis m'accompagne a la grande librairie-papeterie ou nous trouvons a peu pres la totalite de la marchandise, excepte les cahiers, car le volume aurait ete trop grand a transporter jusque dans le delta. Nous voici fin prets pour l'aventure Forum Vietnam. Le lundi soir, nous arrivons en taxi a la gare des bus de Nha Trang avec nos enormes colis.  Nous avions choisi de prendre un bus "normal", c'est-a-dire "places assises" et non "sleeping bus" pour economiser nos frais.  J'avoue que meme si les bus de la compagnie May Linh sont tres confortables, je ne reitererai pas l'experience ; je suis incapable de m'endormir assise et j'ai passe une nuit blanche.

A cinq heures trente du matin, nous voici rendus a Saigon.  Nous trouvons facilement un taxi pour nous emmener jusqu'a Can Giuc, la "ville" la plus proche, et arrivons la-bas vers les six heures trente.  Qua telephone a son contact (au gouvernement), mais sans reponse.  Je lui dis qu'il est beaucoup trop tot et que meme ici au Viet Nam, les fonctionnaires commencent leur travail vers huit heures. 

- Oui, je sais, mais a cette heure, il devrait etre debout, me dit Qua.

Il faut savoir que Qua a des idees bien arretees et que, dans certains cas, le contredire ne sert a rien.  Je decide donc de hausser les epaules et de le laisser s'escrimer a joindre son contact. 

Apres une bonne demi heure d'enervements de sa part et de sourires moqueurs de la mienne signifiant "tu vois bien que ca ne sert a rien", il decide de demander au taximan de nous conduire jusqu'au siege du gouvernement.  Nous sommes alors diriges vers le batiment abritant le service de l'education et des enseignants, mais nous trouvons porte close et personne pour nous repondre.  Nouveaux coups de fil de Qua qui s'impatiente et devient de plus en plus choque par l'attitude de son contact.  Il me dit que c'est inadmissible, que celui-ci lui a dit de lui telephoner des son arrivee, qu'il devrait etre joignable, etc, etc.  J'approuve, mais lui rappelle quand meme qu'il est encore tres tot matin et que ce monsieur n'est peut-etre pas leve. 

A ce moment, passe un homme en motobyke qui nous demande ce que nous cherchons et s'il peut nous aider.  Apres palabres en vietnamien, l'homme repart et revient quelques minutes plus tard avec un nouveau numero de telephone.  Qua essaie, mais sans plus de succes.  Nous decidons donc d'aller prendre un cafe et d'attendre un peu, l'homme nous ayant dit qu'il nous retrouverait avec des informations et de l'aide.  Une dizaine de minutes plus tard, arrive un homme en motobyke qui nous dit etre un enseignant de l'ecole de Long An, avoir ete envoye par une personne (je ne sais pas qui) pour nous accueillir et nous guider vers un hotel et ne rien connaitre du projet.  Ca commencait deja bien !!!

Nous remontons dans le taxi et nous arretons dans une guest house ou nous pourrons enfin prendre une douche et un peu de repos.  Rendez-vous est pris plus tard pour faire connaissance avec les enseignants et parler de l'organisation du projet.  Notre chambre est confortable, a mon avis, mais pas assez bien selon Qua qui rouspete tant et plus : il y a des moustiques, il ne pourra pas dormir, etc, etc.  Comble de malchance, l'eau est coupee regulierement, ce qui a le don de nous enerver puisque nous avons besoin d'une bonne douche. 

Apres avoir pris un peu de repos, Qua contacte l'enseignant qui annonce sa venue a l'hotel.  Nous nous preparons donc et avons la bonne surprise de voir arriver deux hommes qui se presentent comme enseignants, nous disent avoir ete mis au courant entretemps par l'enseignante avec laquelle nous etions en contact auparavant, mais que celle-ci a ete mutee et avait oublie de les prevenir.  Ils sont tres heureux de nous recevoir et d'apprendre ce qui va se passer.  Ils nous conduisent dans le restaurant le plus proche (peut etre meme le seul) et nous avons l'opportunite de discuter de notre projet.  Sur ces entrefaits, l'institutrice vient nous rejoindre et les jours a venir se presentent sous les meilleurs auspices.

Le diner termine, Qua et l'institutrice se rendent dans un magasin afin de commander les cahiers et le materiel manquant.  Comme certains articles (notamment bics bleus peu utilises par les plus jeunes et tube de colle) ne sont pas apprecies par les enseignants et n'ont pas ete achetes, je propose qu'elle choisisse ce qui lui semble le mieux convenir dans une fourchette de prix imposee.  Je retourne a l'hotel, n'etant pas indispensable a ce deplacement et attends la suite. 

Je profite pour faire une petite parenthese sur les sommes prevues pour les packs et les raisons de certains changements. 

Nous avions donc 142.000 VND par pack avec des articles imposes et des prix estimes. 

Lors de nos premiers entretiens telephoniques, l'institutrice avait dit qu'il serait peut etre judicieux d'aider une de leurs eleves malade et tres pauvre.  N'ayant pas autorite sur la destination du budget, j'avais repondu que je verrai cela sur place et qu'il etait preferable de ne pas y compter, le budget prevu etait serre et je ne savais pas s'il resterait de l'argent.

Lors de notre diner, les enseignants ont reparle de Huyen, la petite fille en demandant s'il y avait un budget prevu pour l'aider.  J'ai repondu que je n'avais pas le pouvoir de decision, mais que s'il restait de l'argent apres les achats, je contacterais Mike pour lui demander son avis. 

De retour a l'hotel, Qua me dit que l'institutrice a fait les achats prevus, que la somme que je lui avais donnee etait tres au-dessus du montant des achats et qu'ils avaient vu d'autres articles a ajouter aux packs.  Il voulait mon avis et, si j'etais d'accord, ils iraient le lendemain les acheter.  Puisqu'il me fallait depenser cette somme pour les enfants, j'ai accepte.  Le soir, nous avons ete invites a diner chez une enseignante et une des institutrices, voisine de Huyen, m'a reitere sa requete quant a une aide financiere pour des soins medicaux ou autres. 

J'etais assez reticente, car il n'est pas rare d'entendre ce genre d'arguments et il est necessaire d'etre tres prudent.  De plus, elle a aussi parle de la mere qui est en retour de couches difficile et j'ai finalement pense qu'il s'agissait surtout de percevoir de l'argent pour la famille, ce qui n'etait pas prevu dans mon contrat.  J'ai donc demande a aller rendre visite a cette famille et a voir la petite fille avant de telephoner a Mike.  Rendez-vous fut pris pour le lendemain matin.  Nous sommes alors alles prendre un cafe tous ensemble chez une autre institutrice et avons passe une excellente soiree.

Le jeudi matin, Qua et moi decidons d'aller prendre le cafe chez cette institutrice (en fait, il s'agit du cafe de son mari) et ensuite d'aller manger une soupe pour dejeuner.  Nous nous rendons ensuite a l'ecole ou Qua me dit que nous sommes attendus par les enseignants.  En effet, ils sont quasi tous presents, occupes a faire des paquets de cahiers (recompense de fin d'annee pour les eleves), qui en aura huit, qui quatre, trois et un, selon je pense, mais sans certitude, le pourcentage atteint aux examens.  Je leur propose mon aide et demande a Qua d'aller chercher les colis a l'hotel avec un instituteur afin que nous puissions preparer les packs sur place, ce qui sera plus commode.

Une fois les cahiers offerts par l'ecole empaquetes, je leur propose de commencer les packs.  Comme Qua est parti faire d'autres achats avec l'institutrice, je suis un peu perdue, car aucun d'entre eux ne parle l'anglais et mes quelques mots de vietnamien ne servent a rien dans cette situation.  Neanmoins, en leur montrant l'exemple, ils suivent tous et se mettent a l'ouvrage.

Retour de Qua, ouf !

J'avais, avec mon systeme d'organisation tout belge, prevu une methode pour faire les packs sans oublier quoi que ce soit.  C'etait sans compter sur la desorganisation a la vietnamienne et je me suis vite trouve depassee par les evenements.  De plus, je voyais tout un tas de choses inconnues et je ne savais plus ce qui se passait.  Cela a engendre un gros enervement de ma part et une bonne engueulade a Qua pour ne pas me tenir au courant de ce qui se passait.  Finalement, tous les packs ont ete faits, les cartables remplis et les objets supplementaires distribues correctement.  Je n'arrive toujours pas a comprendre comment ils y sont arrives avec une telle foire, mais je m'etonne de moins en moins au Viet Nam.  Disons que cela a occasionne un peu plus de travail (ouvrir et fermer les mallettes a chaque objet ou presque, les mettre sur un tas puis recommencer), mais bon, tout a ete fait dans la sueur et la relative bonne humeur (relative de ma part).  Cela fait, avec Nhan, le "responsable du projet designe" et deux autres enseignants, nous sommes alles nous restaurer puis sommes alles visiter une tres ancienne pagode ou un enseignant courageux de la region a aider a chasser l'envahisseur... francais, fin du XIXeme siecle.  Apres cette visite, interessante et la rencontre avec le moine-responsable qui a atteint l'age respectable de 92 ans, nous nous rendons chez Huyen.

Il faut parfois savoir s'accrocher lorsqu'on visite les pauvres.  Au premier regard, cette famille ne fait pas partie des plus demunis, si l'on considere qu'ils ont la "chance" d'habiter une maison en dur et non pas une cabane en planches comme beaucoup encore, mais elle se compose de cinq enfants de 14 a 6 ans (je n'ai pas vu de bebe et ne sais pas si j'ai bien compris l'histoire du retour de couche) et de deux adultes, ce qui fait quand meme sept bouches a nourrir et cinq enfants a scolariser.

Une fois a l'interieur, on se rend compte de l'etendue de la pauvrete.  Le mobilier est reduit a sa plus simple expression et dans un etat de delabrement dramatique, le motobyke a du faire la deuxieme guerre mondiale et il n'y a que deux pieces en tout et pour tout, la premiere seule etant en briques, l'autre etant une annexe de planches et de tole ondulee.  Malgre cela, nous sommes accueillis chaleureusement, on nous propose un verre d'eau avec de la glace auquel nous n'osons pas toucher car il s'agit plus que probablement d'eau du robinet dangereuse pour nos intestins fragiles et Huyen m'est presentee. 

C'est une jolie petite fille de huit ans qui a deja eu sa part de souffrances.  En fait, elle souffre d'une affection qui l'empeche de controler ses besoins naturels et doit porter des langes en permanence (surtout pour aller a l'ecole).  Elle recoit regulierement des medicaments (je n'ai pas trop compris le motif) et a subi une operation d'investigation qui lui laisse une mechante cicatrice dans le bas du dos.  Au vu de cette cicatrice, je n'ose imaginer ce qu'on lui a fait subir.  Une autre operation serait possible d'ici un an ou deux, mais je n'en sais pas plus.

Les conclusions du medecins sont peu encourageantes, il dit qu'il faut attendre avant de poser un nouveau diagnostic, que cela peut venir d'un probleme physique ou d'un defaut dans la connexion vers le cerveau.  Je ne peux en dire plus, l'anglais de Qua n'est pas des plus brillant et je ne comprends rien au vietnamien.  Toujours est-il que Huyen doit souvent s'absenter de l'ecole (il doit donc y avoir un autre probleme), mais qu'elle fait son maximum pour suivre et rattraper les cours lors de ses absences.

J'apprends alors que les enseignants ont decide d'acheter des cahiers plus fins et donc moins chers pour les packs scolaires afin d'avoir un reste d'argent pour aider Huyen.  Comme il s'agit d'une decision collective, il m'est tres difficile de refuser l'aide, mais je leur annonce que je dois en referer a Mike avant de prendre une quelconque decision definitive.

L'apres-midi, Mike me rappelle et me dit que si les packs sont complets et qu'il reste de l'argent, il lui semble normal d'accepter d'aider Huyen, mais qu'il serait preferable, dans la mesure du possible, de faire des achats.  Nous retrouvons donc les enseignantes qui nous conduisent au marche ou nous achetons des langues pour une annee, deux uniformes pour l'ecole, une paire de sandales, un chapeau et des berlingots de lait vitamines que l'institutrice donnera quotidiennement a Huyen.  Il reste cependant encore pas mal d'argent et j'ai du mal a trouver a le depenser car je n'ai pas envie d'acheter des choses inutiles alors qu'elle aura besoin de medicaments ou de visites medicales dans un avenir relativement proche. 

L'institutrice me dit alors qu'il est possible d'acheter des cartes de visites pour le medecin.  Il s'agit d'une carte qui donne acces a une visite du medecin gratuite a 90 %.  Je voulais en acheter pour le reste de la somme, mais comme les prix augmentent a vitesse grand V, la contribution des parents par rapport a la somme prealablement payee risque d'augmenter egalement et c'est courir le risque qu'ils ne puissent pas les utiliser.  Je demande donc qu'ils s'en procurent deux et decide de garder une somme qui leur sera versee en cas de besoin que ce soit pour des medicaments, une visite medicale ou autre urgence.  De toute facon, je me rendrai sur place si necessaire.

Nous rentrons a l'hotel juste a temps pour eviter la pluie et prenons rendez-vous a l'ecole le lendemain matin a 07.30 h pour la grande fete de fin d'annee.  Qua et moi avons dine en tete a tete (pour une fois) et j'ai eu l'occasion de manger un bon steak-frites - eh oui, ca manque de temps a autre -, des grenouilles - et pas que les cuisses -, et du porc marine excellent.  De retour a l'hotel, Qua, qui souffre d'une allergie et a du prendre des antihistaminiques s'est effondre directement ce qui m'a permis de regarder un peu de tele francophone - ca fait du bien aussi de temps en temps.

Le vendredi matin, lever a six heures, douche, cafe chez l'institutrice et depart pour l'ecole en n'oubliant pas de s'arreter pour manger une soupe.  A notre arrivee a l'ecole, les enfants sont tous installes sur de tout petits tabourets dans la cour, les enseignants et officiels sont sur l'estrade du preau, un petit estrade individuel (j'ai oublie le nom de ce "truc") est place en face des enfants et, sur deux tables, on peut apercevoir nos packs et les cahiers qui seront distribues.

La ceremonie commence par le lever des couleurs (il y a un drapeau vietnamien dans la cour de chaque ecole) et les enfants, debout et en choeur, nous chantent l'hymne national.  Apres cela, discours du directeur, des officiels, presentation des nouveaux visiteurs - Qua et moi - et de la surprise que nous leur reservons et distribution des certificats et des cahiers.  Tout ceci prend une bonne heure, l'ecole compte 485 eleves entre 6 et 14 ans pour cinq niveaux de classe de la premiere a la cinquieme (systeme francais, je crois, different du belge qui comporte 6 classes primaires).

Apres cela, une eleve de terminale vient lire un long, tres long texte et nous passons a la distribution.  Il m'a ete demande de prononcer un discours, mais comme je savais que Qua n'aurait pu traduire et que je voyais les enfants dissipes apres cette longue attente sous le soleil, je me suis contentee de les remercier pour leur accueil, de les encourager a continuer leurs efforts a l'ecole et de leur souhaiter a tous un diplome qui leur ouvrira les portes d'un bon emploi plus tard.  La distribution s'est faite classe par classe et les enfants, comme prevu, etaient tres intimides.  Vous ne verrez donc pas beaucoup de sourires sur les photos que je vous enverrai plus tard.

Apres cela, les enfants ont ete liberes et nous avons ete invites a prendre le pot de fin d'annee avec le corps enseignant et les autorites.  Nous sommes d'abord passes chez les hommes (la ou on boit), puis j'etais invitee a partager le repas des femmes (ou l'on ne boit que des sodas et de l'eau). 

Chez les hommes, nous avons eu l'occasion de discuter avec les representants du gouvernement et je leur ai promis d'essayer de les mettre en relation avec l'education nationale de Belgique pour un eventuel partenariat. 

Ches les femmes, j'ai demande a Qua de faire exception a la regle et de ne pas me laisser seule.  Comme il deteste boire, il s'est empresse d'accepter (il prefere la nourriture a la biere).  Nous avons donc passe un moment tres agreable et amusant.  Les hommes tour a tour venaient nous apporter de la biere et trinquer avec nous, nous n'avons pas pu y echapper et nous etions pompette avant onze heures du matin.

Nous nous sommes quittes avec force de remerciement de la part des enseignants et des representants du gouvernement et la promesse de rester en contact, de revenir et de nous revoir apres la rentree prochaine.


La suite plus tard.  Je vous raconterai nos mesaventures Saigonnaises.

Bises a tous,

Pat et Qua

Posté par ottlnpac à 09:10 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Saigon, le 31 mai 2008

  • super !

    bonjour Patricia,
    te voilà dans la cour des grands !
    çà prend au tripes n'est ce pas ?
    loin des voyageurs-conseils dee forums,
    un grand bravo,

    amicalement

    Posté par robert, 31 mai 2008 à 13:51 | | Répondre
  • Merci

    Merci pour tes encouragements.
    On fait ce qu'on peut et ce n'est qu'une petite goutte d'eau, mais elle fait un peu de bien et c'est le principal.

    Bonne continuation a toi aussi en Issan.

    Pat

    Posté par Pat, 13 juin 2008 à 12:56 | | Répondre
  • Merci Patria pour ce très long post qui a dû te prendre pas mal de temps pour nous tenir au courant.
    Merci pour toute l'énergie, la ténacité, la patience .... que tu as dû déployées pour arriver à offrir ces pactks aux écoliers et aider Huyên.
    Espère que depuis ton retour en Belgique, je viens seulement de lire ton post, le fleuve de ta vie coule sans trop d'obstacles, que tu retombes bien sur tes deux pieds. Et avoir des bonnes nouvelles te concernant.
    Je continuerai à lire tes autres posts.

    Posté par Quang Ngai, 05 juillet 2010 à 12:32 | | Répondre
Nouveau commentaire