12 août 2009
Can Tho, le 12 aout
Oups, je m'apercois que nous sommes le 12... un jour en retard, BONNE FETE MAMAN... Je sais que tu aimes qu'on y pense, mais ici, les jours passent et on ne fait pas tres attention.
Bonjour tout le monde,
A la demande generale, je reprends le clavier... Si je n'ai pas ecrit ces derniers temps, c'est pour deux principales raisons : la premiere, c'est que je n'ai pas grand chose a vous raconter, la seconde, je suis tracassee par l'absence de reponses a mes demandes pour obtenir un travail. La vie etant chere, j'ai de quoi tenir encore un peu, mais je m'inquiete pour l'avenir.
Comme je dois prendre une decision concernant mon boulot pour la mi-septembre : rentrer ou rester, je suis plus que tracassee. L'echeance approche et j'ai peur de m'engager pour une annee supplementaire et me planter royalement... Voila donc LA principale raison de mon silence. Economies obligent, je ne bouge plus beaucoup, donc je ne fais pas grand'chose d'interessant.
Une journee type actuelle se resume comme suit :
- le matin, reveil a sept heures, clope (eh oui, je garde mon vice), douche, puis cafe avec Su... et souvent Pierre, Paul ou Jacques... (ici, on dirait plutot Tam, Anh ou Trong, mais vous ne comprendriez pas) difficile d'avoir un moment d'intimite.
- huit heures trente, je donne un cours d'anglais a l'un des moines de la pagode khmere. Cours gratuit, bien sur, je ne peux pas lui demander de me payer. Il m'offre un cafe, c'est a peu pres tout ce qu'il peut faire. Au debut, j'etais un peu ennuyee car il le paie de sa poche et les moines n'ont pas de salaire, mais c'est sa contribution et je crois qu'il serait mal a l'aise s'il ne pouvait m'offrir un petit quelque chose.
- dix heures trente, onze heures, tout depend de la lecon, je vais faire quelques courses ou lire un peu au bord du fleuve. Parfois, je rencontre des etudiants et nous bavardons, parfois, j'avale une cinquantaine de pages. Je vais d'ailleurs moderer mon allure de lecture, car ici a Can Tho, je n'ai pas encore trouve de librairie, bibliotheque ou autre ou je pourrais trouver des romans en francais. Au pire, j'espere trouver des romans en anglais, mais c'est assez fatiguant de lire dans une autre langue que la sienne et apres deux bonnes heures de cours, j'ai envie de me relaxer et me vider la tete.
- onze heures trente, midi, tout depend de sa disponibilite et de l'urgence de nos estomacs, diner avec Su sur le marche. 10 a 15 mille dongs par personne pour un repas complet, on ne va pas rouspeter. Parfois, quand Su est parti pour la journee, je m'achete un sandwich que je mange au bord du fleuve. J'ai trouve une boulangerie ou on peut acheter des sandwiches fourres en plus des patisseries. Je n'achete jamais de patisseries, il y a deja bien assez de sucre dans tous les plats du delta. Meme les spaghetti bolognaise sont sucres...
- treize heures, treize heures trente, retour dans ma chambre, internet, mails, lettres de demandes d'emploi, forum, etc... En ce moment, je joue beaucoup a des jeux faciles qui m'aident a me vider la tete.
- quinze ou seize heures, selon la chaleur exterieure, je retourne au bord de la riviere ou je vais boire un cafe avec Su, selon qu'il est libre ou pas
Les soirees sont plus aleatoires, soit nous allons manger un bout vers 17 heures, soit je suis seule et je reste au bord de la riviere a regarder le jour tomber, lire ou bavarder avec l'un ou l'autre. Quand je suis seule, je vais diner plus tard, je m'offre un repas "occidental", mais quand Su est la, 18 heures, c'est le maximum possible, sinon j'ai droit a "I'm hungry" toutes les cinq minutes. Les Vietnamiens ont l'estomac regle comme une horloge. Comme il n'a pas les moyens de s'offrir le restaurant, nous allons manger "local" et pas cher. Voila bien une chose que j'apprecie chez Su, il n'est ni avide, ni venal. C'est moi qui propose d'aller diner, quand il peut, il paie, quand il ne peut pas, c'est moi, mais jamais il n'a emis le desir de me faire depenser pour son confort personnel.
Plus tard le soir, je rentre et, comme je n'ai pas de tele, je me reconnecte sur internet.
Voila, pas de quoi fouetter un chat ni vous faire de longs recits.
Bien sur, certains jours ou certaines soirees sont plus animes, je rencontre Christian, un ami Francais et nous bavardons une bonne partie de la journee. Il a un projet commercial et il a beaucoup a dire sur le sujet. Christian aime bavarder, j'ecoute ;-))) Je n'ai plus eu l'occasion de rencontrer Serge et sa femme (un autre ami Francais qui vit a Thot Not), ils sont tres occupes par les travaux d'emmenagement de leur gite. Ce n'est que partie remise.
La semaine derniere, j'ai eu la visite de Michel, un Viet Kieu (entendez par la Vietnamien vivant a l'etranger) et nous sommes beaucoup sortis. Restaurant, cafe-chantant... Il decouvre le delta pour la premiere fois et est en ce moment a Ca Mau
puis Rach Gia avant de repartir pour Saigon et la France. J'ai ete son invitee. Michel, si tu me lis, encore merci pour toutes ces soirees.
Le 15 aout, je rencontre un contact du forum voyage, je suis invitee a partager le repas du soir avec sa famille sur le bateau-restaurant. Il va m'apporter des mots-fleches, je me rejouis de les recevoir, ici, NADA... Je suis impatiente de le rencontrer ainsi que ses enfants, nous avons de bons contacts via le forum et il me parait tres sympathique.
Une petite anecdote marrante de ce soir.
Avant de rentrer, je passe au CoopMarkt, un des grands magasins de Can Tho. J'avais besoin, entre auttres, de protections feminines. Ici, les tampons sont une nouveaute et assez rares, donc coutent cher. J'arrive a la caisse, je prends egalement un sac reutilisable - le CoopMarkt a instaure ce systeme, j'espere que la population va y souscrire, ca evitera les milliers de sacs plastiques qui polluent le Viet Nam - cet achat me vaut un grand sourire du caissier (mais pourquoi suis-je allee a la seule caisse tenue par un mec ???). Il pointe mes quelques courses et, arrive a la boite fatidique, commence a enlever la protection plastique...
Je le regarde tout etonnee en me demandant s'il va regarder ce qu'il y a a l'interieur au vu et au su des autres clients qui attendent leur tour a la caisse. Une femme me regarde avec un grand sourire, moi, je suis plutot mal a l'aise. Apres le plastique, le voila qui fait mine d'ouvrir la boite. La femme se marre et moi je deviens comme une ecrevisse...
Le caissier, voyant mon embarras, me montre alors les portiques de sortie. OUF... En fait, vu le prix de l'article (65.000 VND la boite de 16), il est protege par une puce electronique... La caissiere derriere lui ayant compris qu'il risquait d'ejecter tous les tampons sur le tapis roulant est venue a la rescousse. Tout le monde a bien rigole, moi aussi finalement, mais bon... Une chance que ce n'etait pas une boite de preservatifs sinon je crois que je serais entree sous la machine...
J'ai eu ma revanche, il m'annonce, tout fier, en anglais "one thousand dongs". Je lui fais un grand sourire et lui sors un billet de 1000 dongs... Re-rigolade et j'ai finalement donne le bon billet de 100.000. On s'amuse d'un rien ici ! Ca fait du bien, ca ne mange pas de pain et ca change des files d'attentes au GB en Belgique ou la moindre plaisanterie est prise (par les clients, pas par les caissieres que j'apprecie beaucoup) comme un facheux contretemps.
Cote Rafael, ca va bien, il a pas mal de boulot et son dernier coup de fil (initiative de sa part, wouaouw !) etait plutot joyeux. Ca me met du baume au coeur, au moins j'aurai reussi quelque chose.
Voila, il est deja 21.30 h, je vais encore surfer un peu puis dodo.
Bises a tous,
Pat
31 mai 2009
Nha Trang, le 31 mai
Hello tout le monde,
Ca fait un moment que je n'ai pas donne de nouvelles. J'ai ete pas mal occupee et bousculee ces derniers temps, j'ai du me deplacer, changer plusieurs fois de lieu de vie, galerer, chercher du boulot, etc. etc. Je profite d'une journee de repos a l'interieur (il fait un temps pourri, il pleut, le ciel est gris et beaucoup de gens sont malades) pour ecrire un peu.
Actuellement, je suis a Nha Trang, mais pour une dizaine de jours encore. En effet, apres avoir murement reflechi a ce qui s'offre a moi, j'ai decide, folle hysterique ou pas, de retourner a Can Tho. Avant cela, je vais me rendre sur l'ile de la Baleine, j'y ferai des photos, il parait que l'endroit est sublime. Dernier voyage avec Qua, je sais qu'il est triste de me voir partir, mais c'est la vie, je n'arrive pas a passer sur notre dispute a Can Tho et, bien qu'il reste mon ami et que je suis consciente que sans sa presence a mes cotes, je n'aurais pas fait tout ce que j'ai fait depuis un an et demi, quelque chose s'est definitivement brise et il n'y aura pas de retour possible.
Beaucoup d'evenements prives m'ont amenee a cette conclusion, certaines deceptions assez dures a avaler, des joies aussi, mais surtout l'evidence : trouver un boulot a Nha Trang, c'est quasi utopique. De toute facon, je n'y trouve plus mon bonheur, je suis lasse de la mentalite qui y regne et j'ai envie de m'impregner beaucoup plus de la vie vietnamienne. Ce n'est pas Su qui me manque, je ne compte d'ailleurs pas lui dire que je reviens, c'est la ville, ses habitants, le delta, l'ambiance qui y regne.
Est-ce l'approche de la fameuse cinquantaine, l'envie d'un nouveau tournant, le besoin de prendre du recul par rapport a ce qui a ete fait depuis mon arrivee ? Je ne sais pas trop. Ce que je sais avec certitude, c'est que je ne me plais plus a Nha Trang et que j'ai envie de profiter de MA vie, de faire ce que J'ai envie sans devoir tenir compte de celui-ci ou celui-la.
Je vous donnerai donc rendez-vous pour decouvrir mon nouvel environnement des que j'y serai a nouveau installee. Entretemps, voici quelques photos que j'ai prises lors de mon trajet par bateau express entre Can Tho et Saigon.
En route pour une ballade le long du fleuve.
Le bateau
Le delta aux environs de Can Tho
Le nouveau pont de Can Tho, presque termine
Pres de Phu Sa, une ile que j'ai hate de decouvrir, juste en face de Can Tho city
Entre Can Tho et Saigon, je ne sais plus ou...
En approchant de Saigon
L'armee...
Le petrole
Le commerce
Les travaux en tout genre
Le plaisir des yeux... coucher de soleil sur une journee bien remplie
Les dernieres photos vont peut-etre vous etonner, mais elles sont egalement un miroir du Viet Nam. Les gens qui viennent visiter le Viet Nam en touristes s'attendent a voir de jolies cartes postales champetres. Elles existent, bien sur, la vie agricole represente un pourcentage tres important du Viet Nam, la faune, la flore, les beaux paysages, les cotes, les iles... tout ca est magnifique et merite d'etre vu. Pour moi, le Viet Nam, c'est devenu autre chose AUSSI. Je dis bien "aussi", car j'aime toujours autant la vie rurale, les rizieres, les montagnes, les iles, la mer, mais j'ai appris a apprehender un autre Viet Nam, celui qui avance. Celui de la reconstruction, celui du commerce et de l'industrie.
Excepte Saigon et Ha Noi que je n'aime vraiment pas, car trop surpeuplees, trop bruyantes, trop stressantes, j'apprecie de retrouver les villes. Je disais que Buon Ma Thuot etait la ville ou j'aurais aime m'installer si elle s'etait trouvee en bord de mer, je m'apercois que Can Tho, bien que n'ayant pas de mer, m'a egalement seduite. Le Mekong y est tellement vaste qu'on n'a pas la sensation d'etre dans une ville fermee. L'horizon est vaste, on peut "voir loin", concept qui m'est cher et dont j'ai besoin. A cote de cela, a Can Tho comme a Buon Ma Thuot, on trouve un Viet Nam et des Vietnamiens "authentiques" (je deteste ce mot, surtout lorsqu'il est employe par les visiteurs en mal d'images nostalgiques). J'entends par la des gens et une vie, les us et coutumes vietnamiens en pleine mutation, une marche en avant ineluctable dans laquelle le progres, l'instruction, l'evolution ont leur place.
N'en deplaise a certains, le Viet Nam bouge, tres vite...
A bientot,
Pat
28 avril 2009
Plonger avec Deep Blue Viet Nam

Arrivee a 07.30 h au club, quelques clients etaient deja au rendez-vous.
Le temps est clement, mais le ciel couvert. Je prie secretement pour que la mer soit calme. Non que j'aie peur du bateau, mais j'ai tendance au mal de mer dans certaines conditions.

Apres une bonne tasse de cafe ou un petit dejeuner, nous embarquons tous a bord du minivan ou d'un taxi reserve par Richard, le patron. Le staff technique nous attend deja a bord, le materiel nettoye, charge, verifie. Bruno. le cuistot, nous a prepare un lunch que nous decouvrirons en temps utile. Je me regale deja, je sais qu'il est fin cuisinier.
Arrivee sur au port, embarquement, premier briefing
Pendant ce temps, notre capitaine est aux commandes,
attentif aux difficiles manoeuvres de sortie du port
Pendant que les instructeurs briefent leurs eleves, je profite du spectacle
Le materiel est fin pret


Bouteilles, combinaisons, accessoires, tout cela demande une preparation minutieuse, un strict respect des regles de securite et d'hygiene, un check-up complet.
=
Ready ? Go !
Non, je ne rapporterai pas la baballe !
Un dernier sms avant de sauter ?
Je me demande si je vais croiser la Petite Sirene...
Malheureusement, je ne pourrai pas vous montrer de photos de ce qui a ete vu lors de la plongee, je suis reste sagement a bord. Un peu de repos, de meditation m'ont fait le plus grand bien. Le calme du site est agreable, il ne faisait pas trop chaud, le temps ideal pour reprendre des forces.
Apres une bonne heure, tous ont plonge, suivi leur cours ou fait du snorkelling. Ils remontent partager leurs impressions, faire connaissance les uns avec les autres, bavarder et ... manger !
Bruno nous a concocte un excellent lunch : poisson ou poulet accompagne d'une salade de pommes de terrees, oeufs et crudites. Comme dessert... mmmmm ! Mousse au chocolat et petits gateaux au coco.
Une seule photo, j'ai a peine eu le temps de prendre mon appareil que... pffft...



La plongee, ca creuse !!!
Apres le repas et un agreable moment de detente pendant lequel nous avons change d'emplacement, tout le monde est pret pour la deuxieme partie de la journee.
Apres la deuxieme plongee, tout le monde est fatigue et heureux. Ce second site a tenu toutes ses promesses. Les participants profitent du retour pour echanger leurs experiences, tant de plongee que de voyage a travers le pays.
bbbbbb
Pendant ce temps, le staff replie l'equipement, range, fait le debriefing.
J'ecrirai la suite et posterai d'autres photos des que j'aurai une meilleure connexion. Veuillez m'excuser pour ce retard independant de ma volonte.
30 janvier 2009
Quelques nouvelles
Hello tout le monde,
Ca fait un moment que je n'ai pas ecrit, je profite donc d'un moment de calme pour donner des nouvelles "privees".
Les fetes du Tet se sont passees tres calmement, les "partenaires" vietnamiens sont alles dans leurs familles respectives et nous avons eu deux jours mere-fils tres tranquilles a la maison.
La ville est envahie par les vacanciers locaux, venus de Saigon et du Nord ou il fait un froid de canard. Beaucoup de magasins ont ferme leurs portes, le supermarche du centre ville est ferme egalement et il ne nous reste que celui "a touristes" ou les prix ont fait un bond de 20 a 50 %. Les restos chargent un "service", ce qu'ils ne font jamais d'habitude, les postes, banques et autres sont pour la plupart fermes et il y a un monde fou le soir sur la plage. Je ne traine pas, j'aime de moins en moins le monde, mais je me plais a rentrer a velo a la nuit tombee (18.30 h, ce n'est pas tard) pour voir toutes les illuminations et decorations. C'est tres beau, il n'y a pas a dire. Le matin, meme chemin en sens inverse et la, c'est le soleil qui illumine la baie. C'est encore tres beau. Vous l'aurez compris, malgre les difficultes financieres actuelles et les enervements obligatoires dus a la difference de culture, je suis bien ici, entouree de belles choses et j'espere le rester le plus longtemps possible.
Rafael est rentre le 25 janvier de Phu Quoc, il n'y avait plus suffisamment de clients pour que son aide soit necessaire et il avait envie de rentrer a Nha Trang (ah, l'amour...). Bilan de ces deux mois : un jeune homme muri par une experience douloureuse (le deces d'une dame flors d'une sortie en plongee) et le premier eloignement de maman pour une longue periode, a 1000 km de distance dans un pays qui n'est pas le sien. Il a profite de l'occasion pour se muscler (il est tres fier de sa nouvelle silhouette) et se faire de nouveaux amis vietnamiens. Il fait des progres en langue vietnamienne et parle couramment l'anglais (la plupart des plongeurs et managers du club sont anglophones), peut-etre meme mieux que moi. Dans un an ou deux, il sera trilingue. Quand je pense a ce qu'il etait il y a a peine un an, je suis vraiment fiere de lui. Ses projets futurs sont de passer son IDC (pour devenir instructeur de plongee) et la seance de cours commence en mars pour deux semaines intensives.
Entretemps, il a egalement decide de se mettre en menage avec sa copine et, puisque d'une certaine maniere cela m'arrange, je leur ai laisse la maison et les meubles. Je vais donc revenir a l'hotel en centre ville et devenir "belle-maman". J'espere que les idees de mariage ne suivront pas de sitot, je n'ai pas le quart du dizieme de ce que cela couterait et j'ai encore moins envie de devenir grand-mere.
Sainte pillule et saint Durex, priez pour moi !!!
Les beaux jours sont revenus a Nha Trang, il fait bon mais pas chaud, on peut donc se promener, agir, bouger sans peine ni transpiration excessive. La mer est encore sauvage et de toute facon trop froide pour s'y baigner. Trop froide pour nous, s'entend, car les touristes, la trouvent a leur gout. La saison des vents n'est pas encore terminee et, partant, la tele ne fonctionne toujours pas. Pas evident lorsqu'on passe ses soirees seule et qu'on a avale tous les livres en francais de la ville. J'ai donc choisi un hotel a prix "raisonnable" avec la wifi et la tele cablee, ce qui me permettra de me distraire et de travailler depuis "chez moi".
Qua va partir en tour pour 12 jours dans le Centre du pays, comme le budget est limite, je le laisse partir seul. Apres cela, visite de mes parents pour 5 semaines : tout le monde s'en rejouit, mais je stresse de voir comment ils vont "prendre" la vie au Viet Nam. Lorsque je discute de cette arrivee avec Rafael, il me dit des choses qui nous semblent evidentes, pour nous qui sommes habitues ici, mais j'essaie de me replonger dans la vie de Belgique, ses habitudes, son confort, ses restaurants et ses toilettes propres, son calme... Autant moi, j'aurais de grosses difficultes a me readapter, surtout au climat et au stress, autant je me dis qu'ils vont avoir un sacre choc en arrivant. Une chance que nous habitions a Nha Trang, ville moderne et "internationale" dans son quartier touristique, ils seront un peu moins depayses.
Petite anecdote de la vie quotidienne :
Hier soir, il devait etre 23 heures trente, j'entends la chasse couler beaucoup trop fort. Je vais verifier s'il est possible de limiter les degats afin de n'avoir pas une note d'eau a me cacher derriere. Mal m'en prend, le bouchon saute et l'eau jaillit comme d'un geiser. Minuit... M... !!! Pas de vanne pour couper l'eau dans la salle de bains, je longe le chemin des tuyaux... pas de vanne non plus dans la cuisine... desespoir !!! et l'eau qui continue a jaillir, jaillir... Finalement, fatiguee, enervee d'une journee que j'aurais prefere ne pas vivre (problemes avec une tenanciere de GH qui m'a promis une chambre a un certain prix et, ensuite, m'a quasi traitee de menteuse en augmentant de 50 %), je me resigne a couper l'eau de toute la maison et monter dormir.
Ce matin, Yen previent la proprio, une chance qu'elle ait ete a la maison, elle a pu expliquer le tout dans la langue de l'oncle Ho. Vang, la proprio, vient voir, appelle un "plombier" qui vient voir les degats et decrete "c'est le Tet, il faut attendre 10 jours, je ne travaille pas". Une chance que je n'ai pas compris de suite, je l'aurais peut-etre etrangle et il n'aurait plus jamais travaille, Tet ou pas Tet !!!
Dix jours !!! Sans se laver, sans faire popo, sans eau !!! Non, mais !!! Ils sont fous ces Vietnamiens !!!
Enfin, Vang et une de ses amies venue en renfort ont trouve une solution intermediaire, nous n'avons plus de chasse, mais nous pouvons par contre rouvrir la vanne et prendre de l'eau. Ce sont ces petits desagrements qui me font angoisser quant a la nouvelle vie de mon fils. Comme toutes les mamans, je me demande s'il va savoir se debrouiller, s'il va reagir au bon moment, si, si, si... Enfin, toutes les mamans me comprennent... ;-))) Lui, par contre, semble tout a fait heureux de sa tres proche nouvelle vie, attend avec impatience que j'aie "degage le terrain" et a commence des ce matin a ranger, laver, prevoir, organiser... Pourvu que ca dure !!!
A bientot a tous mes lecteurs, n'oubliez pas de me donner de vos nouvelles de temps a autre...
Bises,
Pat
16 janvier 2009
Un an de Viet Nam, bilan
Si dans un an et un jour...
Et bien voila, j'y suis... Cela fait un an et un jour que j'ai trouve une nouvelle vie au Viet Nam et, comme personne ne l'a reclamee, elle m'appartient definitivement.
Un visiteur m'a demande de faire un bilan et j'ai eu pas mal de difficultes a repondre de but en blanc. Apres mure reflexion, je vous livre mes impressions et le bilan de cette annee ecoulee.
Le defi numero un, Rafael, le plus important, est releve : Rafael a trouve un equilibre, arrete l'alcool et les joints, trouve sa voie et, de temps a autre selon la saison, un travail. Comme vous le savez deja, il a passe avec brio sa premiere etape dans la carriere de plongeur. Il est actuellement "dive master", ce qui lui permet d'accompagner des clients en plongee ou de les aider et renseigner sur le bateau. Son parcours n'est pas termine, il lui faudra etudier encore pour devenir instructeur, mais les finances etant ce qu'elles sont et les cours tres onereux, il faut attendre des jours meillleurs. Entretemps, il se perfectionne a ce stade et recoit parfois un petit salaire.
Le defi numero deux, Soleil et Chaleur, mon plus grand souhait depuis que je suis adolescente, est releve : vivre au soleil et pres de la mer. Ici a Nha Trang, je suis au comble du bonheur dans ce domaine si important pour mon equilibre. Bien evidemment, il ne fait pas 30 degres et ciel bleu 365 jours par an, mais je dirais 300 environ. Cela change fondamentalement du climat froid et pluvieux de la Belgique qui me donnait trop souvent le vague a l'ame et des frissons pas du tout agreables. La mer est un grand plus, elle me permet d'avoir l'horizon large et ouvert, de voir "tres loin" et de ne pas avoir cette sensation d'enfermement qui me deplait tant. Chaque jour, pour venir au centre, je longe la cote et mon univers semble infini. Le bruit des vagues est un metronome apaisant, leur mouvement perpetuel me conforte dans l'idee que la Vie est un constant renouveau et me donne le courage de continuer malgre les embuches et les decouragements qui ne manquent jamais de se profiler a l'horizon de certains jours.
Le defi numero trois, Travail, est "en construction" : trouver du travail et gagner ma vie. La, je suis encore loin du compte. J'ai mis en route le projet des tours prives, nous avons deja eu plusieurs fois l'opportunite de traverser le Viet Nam avec des clients, nous commencons a etre connus et apprecies par certains, mais ca ne nous nourrit pas, loin s'en faut. Sans l'apport financier de ma pause-carriere, je serais obligee de plier bagages et de rentrer au pays. J'ai teste l'une et l'autre opportunites, mais depuis Nha Trang, il n'est pas facile de trouver un revenu regulier et j'avoue etre un peu inquiete de ce cote-la. Je croise les doigts (et j'y travaille serieusement) pour que la crise ne nous touche pas trop , ue nous puissions avancer dans ce domaine et enfin recolter les fruits de l'investissement donne afin que je ne doive pas revenir au pays en attendant la retraite et des jours meilleurs.
Le defi numero quatre, Aide humanitaire, est "en progres" : le projet Long An a deja permis la distribution de 90 packs scolaires aux enfants pauvres de l'ecole, grace au forumvietnam; un genereux forumiste et sa charmante epouse ont ete touches par le cas de la petite Huyen et lui ont apporte une aide financiere qui se renouvellera plus tard lorsque le besoin s'en fera sentir,u ne deuxieme distribution de packs scolaires ainsi que de livres aura lieu a la fin avril grace a un autre de mes lecteurs qui a pu obtenir une aide de la banque Fortis. Je me permets de la citer puisque, grace a elle, 50 enfants recevront un pack scolaire et 250 autres pourront emprunter les livres qui leur permettront de suivre les cours pendant une annee scolaire. Ces livres constitueront une "bourse de pret" qui pourra, si les enfants en prennent soin, servir pendant plusieurs annees. Comptez donc le nombre d'enfants aides...
Le reste : etonnements, craintes, emerveillements, interrogations, decouvertes, vous avez pu en lire deja bon nombre au fil de ce blog. Il n'est pas aise de dire "Le Viet Nam, c'est.... ou ce n'est pas". En effet, beaucoup de mes conclusions ne s'appliquent pas exclusivement au Viet Nam, mais plutot a l'Asie du Sud-Est et a sa mentalite particuliere. Certains comportements se retrouvent dans les pays limitrophes, ils m'etonnent, m'amusent ou m'enervent, mais je n'en trouve pas beaucoup qui soient "specifiquement vietnamiens". D'autre part, ils peuvent aussi etre engendres par la situation sociale de la personne, son sexe, son education, son vecu et on peut parfois les retrouver en Europe, juste a cote de chez soi. Tout cela est un ensemble qui forme la vie de tous les jours. Les paysages et decors sont magnifiques, mais on peut egalement en trouver partout dans le monde, il suffit de les chercher, les trouver et les apprecier.
Si on me demande "Qu'est-ce que le Viet Nam ?" Je repondrai, d'instinct, "Un kaleidoscope fantastique". Pour moi, il n'y a pas UN Viet Nam UNIFORME, mais une multitude de personnes, regions, sites, couleurs, horizons, habitudes, cultures, mentalites tres differentes qui forment une grande nation et un territoire riche et fabuleux. J'ai traverse trois fois le Viet Nam du Nord au Sud et j'y ai rencontre autant de gens differents, de paysages diversifies, de facons de vivre specifiques, de coutumes, de traditions, de costumes...
Qu'y a-t-il, selon mon experience et de vecu, de specifique au Viet Nam ?
La reconstruction, dans tous les sens du terme. Le pays est en reconstruction, ca, on ne peut pas le manquer. Des qu'on sort des cliches "chapeau conique et rizieres", on s'apercoit que le peuple et le territoire sont en mouvement constant vers "le haut, le renouveau, la renaissance".
Le gouvernement, bien que critique tant par les locaux (en douce et en comite prive) et les etrangers, fait ce qu'il peut, a mon sens, pour aider a cette reconstruction. La tache est extremement ardue, il s'agit de relever, apres de nombreuses annees de colonisation, de guerres successives et rapprochees dans le temps, une nation entiere, profondement marquee par son passe.
Du point de vue de la loi, l'enseignement est obligatoire et gratuit. Bien entendu, tous les enfants ne sont pas scolarises faute de moyens (l'uniforme, le materiel scolaire, les livres, eux, sont a la charge des familles qui ne peuvent pas toutes assumer ces frais). Il n'empeche que l'on compte 94 % d'enfants scolarises, ce qui est un nombre important. Partout, on trouve des affiches (que certaines mauvaises langues appelleront "propagande") encourageant les parents et les enfants a frequenter l'ecole. La tache est ardue, mais la volonte est la.
La population, selon le site "statistiques mondiales" est de 86 millions d'habitants (2008), ce qui en fait le 13e pays le plus peuple du globe. 25.6% a moins de 15 ans, 5.8% a depasse l'age de 64 ans, ce qui donne un age median de 26,9 ans. Pour info, l'age median en Belgique est 41,4. Densite de population (2007) 261,9 hab/km2 (Belgique 340,8 hab/km2), esperance de vie (2007) 71,1 an.
Quelques comparaisons :
|
|
Belgique |
Viet Nam |
|
Population |
10.403.951 |
86.116.559 |
|
Densite
(hab/km2) |
340,8 |
261, 9 |
|
Population
de – de 15 ans |
16,3 |
25,6 |
|
Population
de + 64 ans |
17,5 |
5,8 |
|
Age
median |
41,4 |
26,9 |
|
Taux
de natalite (%) |
10,22 |
16,47 |
|
Taux
de mortalite (%) |
10.38 |
6,18 |
|
Accroissement
naturel (%) |
- 0,41 |
1,03 |
|
Mortalite
infantile (%) |
4,5 |
23,61 |
|
PIB/habitant
en USD valeur PPA |
36500 |
3100 |
|
Taux
de croissance (2006) (%) |
3,2 |
8,2 |
|
Population
active agricole (2004)(%) |
1,59 |
65,69 |
|
Terres
arables (% sup. emergee) |
27,4 |
20,1 |
Les infrastructures publiques sont en chantier un peu
partout dans le pays. Partout ou nous sommes passes, nous avons
rencontre des travaux, de gros chantiers de travaux publics : routes,
ponts, amenagement du territoire, ... Le pays compte pasmoins de 20 aeroports, dont 3 internationaux, 119 ports maritimes, des milliers de kilometres de routes asphaltees et de voies ferees en constante augmentation.
Les infrastructures privees le sont egalement, surtout dans les villes a forte densite de population ou touristiques. Pour donner un exemple qui me touche de pres, il y a tellement de chantiers de construction immobiliere a Nha Trang que j'ai beaucoup de mal a trouver un hotel "tranquille" et de standing moyen pour mes clients. De meme, j'ai demenage pour etre debarrassee du boucan de mon voisin qui construisait sa maison et... depuis deux semaines, dans un quartier situe a 15 km de l'ancien, je retrouve... un nouveau chantier !!! De nouvelles maisons voient quotidiennement le jour, nouveaux parcs publics egalement, nouveaux quartiers, nouveaux ronds-points...
De la, j'en arrive a une particularite du Viet Nam qui est parmi les plus difficiles a supporter : le bruit.
De 5.30 heures a 22 heures environ, le bruit est constant et parfois infernal. On s'habitue a un certain pourcentage de celui-ci, mais inconsciemment, je pense que notre systeme nerveux d'expats en prend un sacre coup. Bruits de klaxons, motos, voitures, bus, chantiers, d'interpellations de l'un et l'autre a voix haute, pour ne pas dire tonitruante, conversations telephoniques mobiles pour tout le restaurant ou le cafe, musique et television "a fond" dans les maisons, ... une cacophonie permanente. Oui, si j'ai un qualificatif a donner au Viet Nam, c'est bien BRUUUUYYYYYYAAAAAANNNNNNTTTTTT !!!!
Je vous quitte ici pour aujourd'hui, fatiguee par le bruit, peut-etre, je vous ferai part du reste du bilan demain ou apres...
Bonne lecture,
Pat
16 octobre 2008
Nha Trang, le 16 octobre
L'oiseau c'est envole...
Il fallait bien que ca arrive un jour, Raf est parti pour Phu Quoc cet apres-midi.
Bien que ce soit logique, profitable et positif, ce n'est pas facile pour une mere de laisser partir son fils seul pour la premiere fois. Bien sur, il y a deja eu des separations pour les vacances, il est deja parti seul a l'etranger, mais cette fois, pas de retour avant trois ou quatre mois et meme si c'est dans le meme pays, ca n'en est pas moins a 1000 km et sur une ile.
Ici, nous avons pris l'habitude des longues distances, je viens de faire un aller-retour Nha Trang - Saigon en deux nuits et un jour, mais cela me semblait tout pres. Un bus de nuit, arrivee a destination, une journee passee dans le delta et retour par le bus de nuit. L'absence n'a pas ete longue. En juillet, je suis partie pour un tour d'un mois dans tout le Viet Nam et il est reste seul a la maison. J'etais un peu stressee, mais c'est moi qui partais. Bizarre comme c'est celui qui reste qui a le plus peur.
La, c'est lui qui part... pour l'inconnu... Je n'ai jamais mis les pieds a Phu Quoc et je ne pourrai y aller dans l'immediat.
Que de choses passent dans ma tete. Elles vont de "Bah, il ne sera pas seul, il y a des adultes pour prendre soin de lui" a "Oui, mais pas question de prendre la moto et d'etre la dans l'heure s'il lui arrive un accident". On a beau dire, nous sommes loin de la Belgique, pays dont je connais a fond les structures, et le voila partant pour une autre destination lointaine.
J'ai eu beau me rejouir de ce jour "enfin un peu de tranquillite", au moment du depart, je me sens totalement desemparee.
Pas question de l'accompagner au bus
- "Je ne suis plus un bebe !"
un dernier
- "Au-revoir, sois prudent"
- "Mais oui, t'inquiete !"
sur le pas de la porte, et voila.
Dur, dur...
Demain est un autre jour, il y a le telephone et internet...
Bof, ca ne me console pas vraiment pour l'instant...
Bises a tous de Nha Trang,
Pat
13 août 2008
Une sortie avec les Rainbow Divers
Un peu de sport....
Quatre heures trente du matin, le reveil sonne. Une longue journee se prepare.
Encore un peu dans le gaz, je prends une douche rapide, prepare mon sac et mon appareil photo et je rejoins Rafael qui est deja pret a partir. La journee d'un plongeur commence tres tot.
A cinq heures trente, il me depose en ville ou je pourrai aller prendre mon premier "ca phe sua da" en attendant l'heure du bus des touristes. Pendant ce temps, il se rend a l'entrepot afin de charger le materiel dans le camion qui l'acheminera jusqu'au port.
Six heures trente, Alex, son instructeur, arrive au Rainbow, nous prenons un cafe ensemble et discutons un peu de l'avancement des cours. Son cafe termine, il prepare ses fiches de cours et j'en profite pour commander un petit dejeuner avant de partir.
Sept heures quinze, le bus est charge des collations pour les plongeurs et le staff, le ravitaillement entre deux plongees est important, il faut reprendre des forces. Sandwiches au thon, au fromage et au jambon, ananas, bananes, fruits du dragon et, bien sur, de l'eau. Tout cela est quotidiennement achemine du centre de plongee au bateau, frais du matin.
Les clients sont fin prets pour le depart. Aujourd'hui est une journee
calme, seulement 12 plongeurs. Pour moi, ce sera plus facile, j'aurai
de la place pour bouger et prendre les photos, un jour normal, pas
moins de 25 clients sont presents.
Nous montons dans le bus, sieges confortables, airco, rien n'est laisse au hasard. La tournee de "ramassage" commence a travers la ville et les hotels afin de charger les passagers. Georges est aux commandes, il verifie l'itineraire qu'il communique au chauffeur et "en avant toutes". Lorsque le bus est complet, il se retourne et nous fait son petit discours de bienvenue.
Dix minutes suffisent pour se rendre au port, tout le monde debarque. Le bateau nous attend, quelques formalites d'usage a remplir a la capitainerie et "permission de monter a bord accordee". Voyant que je photographie tout ce petit monde, Ross, 17 ans, assistant temporaire en formation, prend la pose. Il est venu au Viet Nam accompagne de sa mere et suit une formation de divemaster avant de rentrer en Angleterre poursuivre ses etudes.
Des que l'embarquement est termine, le staff se reunit, distribution des eleves et clients, dernieres recommandations et le bateau demarre. Comme il n'y a pas beaucoup de monde, le briefing se fera individuellement. Chaque divemaster ou instructeur va rejoindre son client afin de lui expliquer le deroulement de la journee.
Apres une petite demi heure de navigation pendant laquelle le materiel a ete distribue, nous arrivons au premier site de plongee. Les equipes se forment, les instructeurs verifient si leurs clients ou eleves sont correctement equipes, rappellent une derniere fois les consignes de securite et les premiers peuvent se jeter a l'eau.
La plongee se fait toujours en binome et lorsqu'il y a deux clients, le divemaster est assiste par un eleve de l'academie. Ici, pas question de prendre de risques inutiles, le staff est suffisant, les assistants sont formes et fiables, le client est respecte et tres bien pris en charge. La plongee est un sport qui demande concentration, responsabilite et prudence.
Je profite de ce premier intermede pour prendre un peu de repos, ma nuit a ete courte. Pendant que les plongeurs sont sous l'eau, le staff reste a bord sort les caissons contenant les sandwiches et les fruits, verifie le materiel et prend une courte pause.
Une a une, les equipes remontent sur le pont. Une douche est mise a la disposition des clients, certains en profitent pour se debarrasser du sel de mer colle a leur peau, d'autres se ruent sur la nourriture, d'autres encore se rassemblent pour se raconter leurs impressions.
Le bateau redemarre afin de se rendre au deuxieme site. Un petit speeder nous accoste, verification des papiers, encaissement de la taxe de plongee, les sites, en effet, sont proteges et entretenus par des equipes gouvernementales. Pas question ici de faire n'importe quoi, il est imperatif de respecter la nature, la faune et les coraux.
"Un homme a la mer !!!"
Aujourd'hui, l'un des eleves est en cours "Rescue", Ross s'est donc jete a l'eau afin de participer a l'exercice de sauvetage. Pendant que le bateau vire de bord afin de se placer a proximite de la victime, l'eleve enfile ses palmes, prend une bouee et se prepare au sauvetage.
Du bateau, il tente de calmer sa victime et saute a l'eau afin de lui presenter la bouee de sauvetage. Ross s'amuse comme un petit fou a torturer le malheureux, deja stresse par ce passage d'examen. Il fait mine de s'accrocher a la bouee, de se calmer, puis, tout a coup, pique une crise de panique et s'enfonce dans les flots.
L'eleve heureusement ne perd pas son sang froid, calme sa victime et finit par la ramener au bateau saine et sauve. Exercice reussi.
Vu les conditions climatiques, nous ne pourrons pas aller a Madona Rock, un site magnifique que j'aurais voulu visiter, et nous serons entoures de bateaux touristiques. C'est un peu dommage, mais tout le monde a le droit de travailler.
La pause terminee, la deuxieme plongee peut avoir lieu. Recommandations de securite, verification de l'equipement, prise en charge des clients, jamais de repos pour le staff.
Pendant cette deuxieme pause, je monte a l'etage afin d'admirer le paysage, je taille une bavette avec Karen, une ancienne institutrice anglaise qui se reconvertit dans la plongee et termine son cours de divemaster avant de rejoindre l'Espagne ou elle ira joindre l'utile a l'agreable. Finis la pluie de Londres, le bureau ou elle travaille actuellement pour une societe privee, le stress... elle sera dorenavant plongeuse professionnelle. Je profite egalement du calme qui regne sur le bateau pour prendre quelques cliches du materiel.
Combinaisons et bouteilles
Bouteilles et poids de lestage
Lorsque les equipes remontent a bord, il reste quelques sandwiches et fruits qui feront le bonheur de tous ces sportifs fatigues mais heureux de leur matinee. Il est midi trente, le bateau reprend le chemin du port.
Pendant que les clients rejoingent le car, le staff se met au travail. Il faut debarquer tout le materiel et charger le camion. Une fois le camion charge, il faut attendre le bus et se rendre a l'entrepot, decharger le camion et ranger le materiel. La journee ne se terminera que vers quatorze heures.
12 juillet 2008
Les valeurs qui changent
Il est minuit environ et je
ne peux pas m’endormir. Depuis deja de
nombreuses semaines, il m’est impossible de trouver le sommeil avant une ou
deux heures du matin. Impossible de
savoir pourquoi, mais j’ai beau me coucher vers viingt-deux heures avec une
impression de sommeil proche, une fois couchee, rien a faire. Je lis un peu, puis je pose les ecouteurs sur
mes oreilles et je branche mon mp3. Pendant les premieres semaines, cet etat m’ennuyait, m’enervait meme; je
me disais que le lendemain je serais fatiguee, qu’il fallait que je m’endorme a
tout prix. Maintenant, je laisse faire
mon corps et tant pis si le matin je ne me leve pas aux aurores comme la
plupart des Vietnamiens. Je me reveille
vers sept heure trente et voila.
Ce soir, en ecoutant la
musique enregistree avant de partir, mes pensees se sont envolees vers les
images qu’elle m’inspirait. Je me rends
compte alors que la plupart des chansons que j’ai enregistrees ont entre vingt
et quarante ans. Elles me renvoient a
mon enfance et a mon adolescence, lorsque j’etais insouciante, heureuse et que
j’avais encore toute la vie devant moi. Elles
me ramenent a Fechereux, petit village de campagne ou nous passions nos
week-ends et une partie des vacances dans la caravane. Chansons “bebetes”, pleines de paroles
d’amour et de romantisme.
C’etait dans les annees
septante et la vie a l’epoque etait belle et tranquille. La crise ne faisait que se dessiner
lentement, il y avait encore le plein emploi en Europe, en Belgique en tout
cas, on ne parlait quasi pas de chomage, on ralait sur les Italiens qui etaient
venus trente ans plus tot pour travailler dans les mines et maintenant se
complaisaient “A la moutouelle”, mais ce n’etait pas un drame, ca faisait
plutot rire et donnait aux humoristes et chansonniers des idees de textes.
Apres cet intermede dans mon
enfance, je laisse mon esprit parcourir les annees quatre-vingts, puis
nonante. Le travail a trouver, le
mariage, l’enfant a elever et le debut des galeres. Les premiers annees deux mille ont ete les
plus dures et de fil en aiguille, j’essaie de me rappeler le pourquoi de tant
de difficultes. Je me rends compte alors
qu’en dehors des problemes d’adolescence de mon fils, la plupart des mes soucis
venaient du fait que mes besoins etaient au-dessus de mes moyens et pourtant
tellement superflus.
Je fais ensuite le bilan des
six mois passes ici auViet Nam et realise a quel point les choses ont
change. Mes besoins sont limites, mes
depenses un peu moins car les cours de mon fils me coutent tres cher de meme
que l’aide que j’apporte a gauche a droite, mais dans l’ensemble, je m’apercois
que tout ce qui m’etait necessaire en Belgique, je n’y pense jamais ici et que
cela ne me manque nullement.
Ici, je ne fais pas les
boutiques, j’ai un roulement tres limite de vetements pratiques mais pas du
tout a la mode ou de marque, je porte en permanence la meme paire de tongs, je
ne vais chez le coiffeur qu’une fois par trimestre pour rafraichir un peu la
coupe, je ne me maquille pas, je n’achete pas de cd, je ne loue pas de films,
la tele se limite a TV5 MONDE Asie et quelques chaines vietnamiennes et meme
s’il suffirait d’acheter un decodeur un peu plus cher pour avoir une centaine
de chaines, finalement, je n’en vois pas l’interet, elles sont toutes en
anglais et cela me fatiguerait vite.
Ici, je vais regulierement
au restaurant, mais la plupart du temps, ce sont des gargottes de rue, sauf
quand je suis avec mon fils qui deteste cela. Je ne vais pas au cinema, je ne sais meme pas s’il en existe un a Nha
Trang, ni en discotheque alors qu’il y en a une bonne vingtaine en ville, pas
de karaoke puisque ce sont des cabines individuelles et que je n’aime chanter
qu’en public.
Ma maison est grande et
belle, mais je la trouve trop grande, justement, et j’ai hate d’en changer,
surtout pour m’eloigner du voisin et de son boucan. J’espere trouver une maison plus petite et
plus isolee. J’ai des meubles corrects,
mais je me fiche bien de les montrer a ou Paul, je ne me tracasse pas d’avoir ceci ou cela, les biens des autres
m’indifferent dans le sens ou je suis heureuse pour eux qu’ils en aient si
c’est leur bonheur, mais que je n’ai nul besoin d’avoir les memes. Bref, tout ce qui semblait important en
Belgique ou, du moins, devait sembler l’etre pour “faire comme les autres”, me
laisse completement froide ici.
Les valeurs que j’ai
retrouvees sont plus simples : aimer, donner, aider, recevoir aussi, se
detendre, rie, profiter de la vie comme elle est meme s’il y a quelques
manques, notamment culturels, manger a ma faim mais sans me goinfrer, aller
prendre un café sur une terrasse a l’ombre et regarder la mer, recevoir la
visite de contacts etrangers qui, pour certains, deviendront peut etre des
amis, lire un bon bouquin, travailler, s’arreter ici et la pour admirer le
paysage, la quietude de la campagne, des falaises ou de la montagne.
Bref, les valeurs de
l’enfance et de l’adolescence, mais avec l’experience de la vie et la chance de
pouvoir apprecier ces petits bonheurs simples. J’ai eu quelques moments de blues ou je me demandais si j’allais
prolonger mon visa, mais maintenant que c’est fait, je suis plus qu’heureuse de
me dire que les prochains six mois, je les passerai ici et les six suivants et
les six d’apres. J’ai encore tant de
choses a faire, tant de gens a rencontrer, tant d’articles a ecrire, d’enfants
et de jeunes a soutenir et a aider si mes moyens me le permettent. Je ne pourrais pas rentrer au pays et
reprendre ma vie d’avant en sachant que je risquerais d’oublier tout cela,
prise a nouveau dans le tourbillon des plaisirs factices. J’ai la sensation d’avoir a nouveau seize ou
dix-sept ans et que j’ai encore tout mon avenir devant moi.
06 juillet 2008
Premiere victoire...
Bonjour tout le monde.
Premiere victoire pour Rafael, il a accompli son premier cours avec succes et son instructeur le trouve bon.
Il a enfin commence ses cours de plongee le 1er juillet et, apres quatre jours de cours intensifs, il a obtenu son premier brevet. Le voici donc brevete 'open water", ce qui n'est qu'un debut mais cela va lui permettre de continuer vers un diplome plus consequent et, au final, trouver un bon job.
Mercredi, il commence les cours "advanced" qui sont un peu plus cool, durent egalement quatre jours et consistent en six plongees differentes. Il a fait ses choix parmi celles qui ne demandaient pas de supplement (les frais de ces cours sont deja tres eleves) et se rejouit de commencer. Quelques jours de repos sont cependant necessaires car ce n'est pas une activite facile ni de tout repos, il faut aussi memoriser pas mal d'instructions et comme il fait cela en fonction d'une carriere, son instructeur est un peu plus severe que s'il s'agissait d'un hobby.
Apres cela, six jours supplementaires lui donneront son brevet "rescue" qui lui permettra deja de travailler au club.
A tous ceux qui l'ont connu AVANT, en Belgique et pendant la periode noire, je peux dire maintenant que je remercie tous ceux qui m'ont soutenue, encouragee et aidee et que je suis fiere de mon fils.
Pour en savoir plus sur l'academie : http://www.divevietnam.com/
20 janvier 2008
Vietnam et delta du Mekong
Ha Tien et Can Tho...
Juste quelques mots et toujours pas le temps d'envoyer des photos, je fais tellement de choses sur une journee que le net passe en second plan pour le moment. De plus, je dois tout le temps recharger le MP3 de Raf et je n'ai pas souvent une seconde fiche USB libre.
Nous sommes donc arrives a Ha Tien le 17 (si mes souvenirs sont bons) et avons passe deux nuits sur place. C'est une tres jolie petite ville ou il n'y a presque pas de touristes etrangers, mais ou les Vietnamiens aiment a venir passer le week-end vu les plages.
Nous sommes alles visiter les alentours avec un guide (photos ASAP) et Raf a vu passer un enorme serpent, meme le chauffeur de motobyke a ete impressionne.
Ensuite, nous avons pris (hier matin) le minibus pour Rach Gia, ville cotiere ou nous pensions faire une halte, mais comme il etait encore tres tot, nous avons prefere continuer jusqu'a Can Tho, qui est une assez grande ville a l'interieur des terres sur le delta du Mekong.
Ce matin, je me suis levee a 06.00 h (Raf m'a abandonnee) et suis allee faire une balade sur les canaux et la riviere, voir le marche flottant (deux differents en fait, un touristique et un vietnamien plus cool).
Sorry, suite demain, le magasin ferme.
Bises a tous,
Pat et Raf




























































