Bonjour tout le monde,

Voila, dernier jour a Can Tho, demain le depart pour Phu Quoc et un nouveau defi, de taille celui-la.  Gagnee par la superstition locale, je n'en dirai pas plus, excepte le fait que je vais creer une petite affaire.  J'ai deja un potentiel clientele interessant, j'aurai la primaute pendant une saison au moins, ce qui me permettra d'asseoir ma reputation avant que les copieurs ne viennent me faire concurrence.  

 

Entre mon dernier post et aujourd'hui, bien des choses se sont passees et pas des plus agreables.  La premiere semaine a vu l'effervescence de la preparation du Tet par les Vietnamiens.  Ici, je l'ai ressentie beaucoup plus intensement qu'a Nha Trang ou les festivites sont nombreuses et regulieres et ou la longueur du quartier touristique le long de la plage permet une grande dispersion des animations.  A Can Tho, le plus gros des activites se fait sur Ben Ninh Kieu qui n'est long que d'une centaine de metres a peine.  Quelques rues adjacentes accueillaient egalement un marche couvert qui ressemblait a s'y meprendre (dans l'absolu, pas dans les articles) a nos marches de Noel.  Pres du parc qui longe le fleuve s'etaient installes les vendeurs de fleurs, plantes, arbres et arbustes de la saison ainsi que, plus loin, quelques marchands d'articles divers specifiques a la fete.  

En ville, les avenues principales etaient illuminees comme des arbres de Noel, les banderoles, drapeaux et autres accessoires se juxtaposaient dans un ensemble a peu pres harmonieux.  Les societes privees (Tiger, Vietcombank, Vinaphone, etc.) avaient mis la main au portefeuille pour fournir toutes ces guirlandes de lumieres et, selon leur couleur de base, on pouvait reconnaitre qui avait paye quoi.  

Pendant une semaine, les magasins furent pris d'assaut, les soldes annoncaient les bonnes affaires et les vendeurs etaient fatigues mais tres souriants, l'argent rentrait a flots.  Le 30 lunaire a 16 heures (13 fevrier cette annee), tous les marches ou presque avaient disparu.  Les ouvriers communaux et la police etaient sur la breche pour faire degager les derniers recalcitrants afin que la ville soit propre et nette (tant que faire se peut au Viet Nam) pour la veillee du Nouvel An.  Seuls restaient les illuminations, lampions et decorations "officiellement agrees" et... les touristes qui se demandaient tres certainement ou ils etaient tombes.  

Veille du Tet, 30 lunaire 2009

En ce qui me concerne, le 30 lunaire a marque le debut de trois jours d'angoisse.  En effet, Rafael, parti pour le Cambodge afin de renouveler son visa, m'a telephone en catastrophe pour me dire qu'il etait coince dans le no man's land entre les deux pays, que le douanier vietnamien refusait de lui faire un nouveau visa et l'avait envoyer "se faire foutre a Phnom Pehn", que le chauffeur du bus cense le ramener au Viet Nam et qui lui avait assure le matin meme que "pas de probleme pour le visa" l'avait envoyer se faire "enc... a Phnom Pehn", sans bien sur lui rembourser la part de trajet restant.  

Voici donc Raf perdu au milieu de la pampa, sans aide, sans quasi plus d'argent et oblige de trouver une solution.  Il me telephone catastrophe et en larmes pour me demander de l'aide.  Il faut savoir qu'au Viet Nam, on est en periode de Tet (qui, cette annee, durera 9 jours entiers pour tout ce qui est administration, banques, etc.), que je n'ai qu'un visa simple entree et que, par consequent, je ne peux revenir dans le pays si j'en sors et que Yen et Su sont dans leurs familles respectives a plusieurs centaines de kilometres.  

Me voici donc face a un gros probleme a regler

Premiere etape, rassurer Raf et lui dire de rentrer sur Phnom Pehn par n'importe quel moyen.  Deuxieme etape, trouver un moyen de lui envoyer de l'argent le plus rapidement possible.  Troisieme etape, trouver quelqu'un au Cambodge qui pourra le depanner.  Quatrieme etape, le faire revenir au VN muni d'un visa en bonne et due forme.

La premiere etape se passe sans probleme, il trouve une voiture privee qui veut bien le ramener a PP pour une somme acceptable.  

La seconde est moins evidente.  Les banques sont fermees depuis ce midi, sa carte Vietcombank ne fonctionne qu'au VN et, de toute facon, les transferts ne s'opereront pas avant trois jours.  Je me rends donc a la poste ou une affiche de Western Union me rassure.  Pas de chance, la preposee me dit qu'il est possible de recevoir de l'argent de l'etranger, mais pas d'en envoyer et que la seule facon d'envoyer de l'argent a l'etranger est de passer par la banque.  Etonnee et sceptique, je telephone a Su pour lui demander de discuter avec la charmante dame dont l'anglais est plus qu'approximatif et, malheureusement, il me confirme sa version.  Je ne connais pas d'autre bureau de Western Union a Can Tho et elle me dit que de toute facon, ce sera pareil.  Le probleme s'aggrave.

Pendant ce temps, Yen me telephone et me dit qu'elle est d'accord d'aller au Cambodge et d'apporter de l'argent a Raf.  Il faut, pour ce faire, que nous nous rejoignions a Saigon, elle n'a pas suffisamment d'argent pour avancer le prix de ses deplacements et l'argent necessaire pour Raf.  Renseignements pris, elle ne pourra de toute facon avoir un bus de Nha Trang a Saigon que le lendemain soir et ne pourra aller a PP que le surlendemain.  Ca fait long pour Raf qui est seul sur place et angoisse.  Neanmoins, nous decidons d'opter pour cette solution.  

Il faut maintenant s'attaquer a la troisieme etape, a savoir trouver un contact a PP pour aider Raf qui m'a retelephone entretemps pour me dire qu'il pensait avoir perdu de l'argent (ou qu'on lui avait vole) et qu'il ne lui reste plus que 9 USD (une douzaine d'Euros).  Il a paye sa nuit a l'hotel, mais n'a guere de quoi manger et il ne sait pas ou il logera la nuit suivante, l'hotelier veut qu'on paie d'avance.  Je rentre donc a la maison et fais un appel via le forum.  Heureusement, la solidarite des voyageurs est un fait certain et, moins d'une heure plus tard, je recois un mail de Roger Barthas, un Francais marie a une Cambodgienne, qui a construit une guest house a PP pour sa belle famille.  Il est en France, mais va faire le necessaire pour que Raf soit accueilli a la Villa Koh Dach a credit, nourri, loge et soutenu moralement, ce dont il a vraiment besoin.  Je vous passe les details des transactions, le resultat est que le lendemain, le beau-frere de Roger viendra chercher Raf a PP (le guest house se situe sur une ile a une dizaine de kilometres du centre ville) le matin a dix heures.

Rassuree sur le sort de mon unique heritier, je quitte donc ma chambre pour aller chercher mon billet de bus pour Saigon.  Depart le jour du Tet, pourvu qu'il y ait de la place.  Chance, c'est le jour ou les Vietnamiens restent en famille. Ils se sont deplaces la veille et l'avant-veille et, le 1er lunaire, vont dire bonjour a la famille proche, faire leurs prieres a la pagode, manger le ragout de porc et boire jusqu'a plus soif.  J'ai donc un billet de bus sans probleme.  Depart demain a 8 heures.  Je peux enfin souffler un peu et je m'octroie une pause dans un cafe pres de la gare des bus qui pue la vieille pisse de chat, mais a le merite d'etre ouvert en ce soir particulier.  Apres cela, retour a la maison ou je prepare un sac pour deux jours, telephone a Raf pour lui dire que tout va bien se passer et que demain je serai a Saigon ou je pourrai retirer de l'argent (les ATM ont plus de chance d'etre encore remplis).  Je m'attaque donc a la quatrieme etape qui est de trouver un vol de PP a Saigon le plus rapidement possible.

Yen me telephone egalement pour me dire qu'il y a un autre moyen d'envoyer de l'argent au Cambodge, c'est de le confier a un chauffeur de bus qui fait la liaison Saigon-PP.  Oups, je n'aime pas trop ca.  Comment savoir si l'argent arrivera a bon port ?  Elle me rassure en me disant que c'est chose courante et qu'il n'y a pas de danger.  En outre, si elle rejoint Raf a PP, il faudra payer deux billets d'avion pour le retour (nous avons trop peur que le consulat n'ouvre pas ses portes avant le 22 fevrier) et ca coutera vraiment tres tres cher.  Je lui dis que je n'ai pas trop le choix et que je vais prendre le risque.  

Nouvel An lunaire, 14 fevrier 2010

Apres une petite nuit angoissee, je pars pour Saigon, cinq heures de bus dont je me serais bien passee.  Heureusement, arrivee a destination, je n'aurai pas a me soucier de mon logement, Yen a reserve une chambre a l'hotel ou nous descendons d'habitude, Saigon est calme et il y a de la place un peu partout.  

Arrivee a Mien Tay, la gare des bus en provenance et partance pour le delta, je decide de marcher un peu.  Il fait chaud, il est un peu plus de midi et je ne trouve pas l'arret de bus.  J'avise donc un xe-om qui me demande une fortune pour aller a Pham Ngu Lao.  Je negocie, pas trop, c'est le Tet et je ne veux pas lui envoyer le mauvais oeil et nous partons pour la traversee de Saigon la plus agreable qu'il m'ait ete donne de vivre jusqu'a present.  En effet, tout est ferme et il n'y a quasi pas un chat dans les rues.  Nous traversons la ville a 40 km/h sans nous arreter, meme pas aux feux rouges qui, eux, fonctionnent.  En d'autres circonstances, j'aurais copieusement engueule le chauffeur, mais aujourd'hui, il n'y a pas de danger, tres peu de vehicules croisent notre route.

Arrivee a l'hotel, les jeunes me demandent des nouvelles de Raf et je leur explique la situation.  Je me rends directement a l'ATM le plus proche et, chance a nouveau, celui-ci me delivre les 10 millions que je lui demande.  Apres un cafe, je vais changer cette petite fortune en USD.  Le taux etant usuraire, 20.000 VND pour 1 USD, je demande 350 USD, soit 7 millions en me disant qu'il vaut mieux envoyer trop que trop peu et que cela suffira a Raf pour acheter un billet d'avion sur place.  Ceux-ci sont annonces a 3.200.000 VND environ sur le site.  

Retour a l'agence de l'hotel qui m'indique la compagnie qui fait la liaison par le bus et me rassure quant a l'honnetete des chauffeurs.  Je profite de l'occasion pour faire une petite parenthese sur la culture asiatique, en tout cas, ce que j'en ai deduit.  Beaucoup de touristes se plaignent d'etre constamment arnaques par les vendeurs en tous genre car ils paient deux ou trois fois le prix qu'un local paie.  Par consequent, les Vietnamiens sont consideres par ces touristes comme des voleurs ou, a tout le moins, des gens malhonnetes.  Ce n'est pas le cas.  En fait, voler, c'est prendre a quelqu'un ce qui lui appartient sans son autorisation.  Or, lors d'une negociation, on tombe d'accord de part et d'autre sur un prix que l'acheteur versera.  Dans l'esprit des vendeurs ou dispensateurs de services, le fait de demander un prix tres eleve est une PROPOSITION.  Libre a l'acheteur de negocier le prix qu'il veut mettre.  Une fois la transaction acceptee de part et d'autre, il n'y a ni vol, ni arnaque, ni malhonnetete.  

En ce qui concerne le transport d'argent par un tiers, le fait de ne pas livrer la somme dans son entierete au destinataire serait considere comme un vol.  En effet, le transport de cet argent fait partie de la negociation, il est l'objet a livrer et donc ne peut etre derobe sous peine d'etre considere comme un voleur avec toutes les consequences, tant legales que religieuses que cela entraine.  Le jeune homme a qui je me suis adressee ne m'a pas fait de recu.  Dans notre mentalite occidentale, c'est inconcevable et pourtant, je n'ai pas rechigne.  Il m'a donne son numero de telephone vietnamien et cambodgien, a pris le mien et celui de Rafael et m'a demande 200.000 VND pour le service.  La transaction etant acceptee de part et d'autre, il n'avait aucune raison de ne pas effectuer le travail demande, encore moins de risquer de perdre son emploi, sa reputation et de s'exposer a un retour de manivelle dans cette vie ou la suivante.  Cela peut paraitre stupide a nombre d'entre vous, mais il faut savoir qu'ici, la foi religieuse a encore une grande influence sur le comportement et que "la peur du gendarme divin" est tres presente.

J'en reviens a mon probleme filial.  J'ai donc envoye l'argent, trouve un logement et un soutien pour Raf, il ne me reste plus qu'a le prevenir du lieu de rendez-vous pour le lendemain et a l'attendre a Saigon.  Entretemps, il me telephone et me dit qu'il serait peut-etre plus facile que je reserve son billet d'ici.  Il ne sait pas encore que je lui ai envoye suffisamment d'argent et, d'un autre cote, ca lui evitera de faire plusieurs fois l'aller-retour entre le centre de PP et la guest house.  Je demande donc a l'agence de me reserver un billet pour le vol le plus proche du lendemain 14 heures.  Il y a un vol le lendemain a 17 heures, arrivee a Saigon a 17 h 50, 210 USD, soit 4.095.000 VND.  Les autres ne sont pas moins chers, au contraire.  En fait, les taxes et autres frais de commission s'elevent a quasi 25% du prix initial.  Mauvaise nouvelle, mais pas d'autre choix.  Je paie donc - pour ceux qui me croient riches, sachez que cette somme me vient d'un pret accorde par ma famille pour ouvrir mon commerce qui va se voir ampute de ce fait de quelques elements, mais mon fils passe avant tout -, heureusement d'ailleurs que j'avais recu cette somme sinon... "on n'etait pas dans la m..." !

Le soir du Tet arrive, le probleme est quasi regle, il n'aura pas fallu 48 heures.  Ceci grace a la solidarite des membres du forum (voyageforum.com), a l'union des forces de chacun, a la famille de Roger, a la Villa Koh Dach.et a tous ceux qui ont passe un coup de fil a Raf pour le soutenir et savoir s'il avait besoin d'aide.  Je remercie tous ces intervenants et serai heureuse de leur rendre service si l'occasion se presente.

Deuxieme jour de l'annee lunaire 2010

Reveil agreable ce matin, une petite journee d'attente, encore un peu d'angoisse pour que tout se passe bien et ce soir, le retour du fils prodigue.  Impatiente, j'irai l'accueillir a l'aeroport, il en est d'ailleurs tres heureux car il est toujours tres angoisse par cette fameuse lettre d'invitation, formalite normale et courante pour l'obtention d'un visa vietnamien et que j'ai utilisee un mois plus tot, mais qui a tourne au cauchemar dans ce cas precis.  Renseignements pris, la fille de l'agence - par laquelle Raf ne voulait d'ailleurs pas passer, mais a laquelle Yen s'est adressee malgre tout - a fait une erreur et a ajoute deux mots fatidiques a l'entete de cette lettre.  Nous n'avons pas eu la traduction, mais il semblerait qu'elle a precise que le visa devait etre retire au consulat a Phnom Pehn et pas ailleurs, raison de tout ce "carnage".  Ce qui nous met vraiment en colere, c'est qu'elle savait pertinemment bien que c'etait le Tet et que tout serait ferme.  De plus, elle a certifie a Rafael, avant le depart, qu'elle avait fait TOUT le necessaire : lettre d'invitation, reservation du bus ALLER/RETOUR Saigon-PP et quelqu'un pour s'occuper du visa sur place.  En fait, la veille du depart, elle lui a dit qu'il n'en etait rien et qu'elle avait simplement fait la lettre et reserve un ALLER SIMPLE pour PP, le reste "tu n'as qu'a te debrouiller".  Sa connerie nous a coute 500 Euros !

Le soir, je me rends donc a l'aeroport afin d'accueillir Raf et d'etre a proximite si un eventuel nouveau probleme se passe.  Son avion atterrit avec un peu d'avance et il me telephone.  "Je ne trouve pas le bureau pour faire le visa, je fais quoi ?".  Faut pas pousser quand meme !  Le bureau est au sein de l'aeroport, avant le passage a l'immigration.  Je comprends qu'il soit nerveux et angoisse, mais de la a ne meme pas etre fichu de trouver un bureau, c'est fort de cafe.  A la limite, il m'engueule parce que je lui dis que je ne sais pas entrer dans l'aeroport pour lui tenir la main.  La, j'avoue que pendant quelques minutes, j'ai presque regrette de ne pas l'avoir laisse se debrouiller seul au Cambodge. 

Enfin, il finit par se calmer et sort de l'aeroport.  Il n'a pas eu de probleme avec sa lettre, a donne ses photos et rempli le formulaire ad hoc et le voila muni d'un nouveau visa pour trois mois et de la certitude "qu'on ne l'y reprendra plus".  Nous esperons tous deux que les extensions de visa seront a nouveau possibles d'ici deux mois (mon visa expire le 15 avril), sinon, il nous faudra a nouveau prendre l'avion ou passer deux jours a PP pour renouveler ce f... visa.  Entretemps, on oublie toutes ces tracasseries et on rentre a l'hotel.  Demain est un autre jour, nous sommes a nouveau reunis et heureux de l'etre.

Etape numero 5, rentrer a Phu Quoc 

Et oui, apres le soulagement, il faut penser au travail.  Raf doit rentrer a Phu Quoc le plus rapidement possible.  Il avait un billet d'avion Saigon - Phu Quoc qu'il a du annuler (perte 10 % du prix a ajouter aux frais engendres par Miss Stupide) et les bateaux sont pleins jusqu'au 22 fevrier.  Pas question de rester a Saigon pendant tout ce temps, nous sommes seulement le 15 au soir, il fait chaud, ca coute cher et on s'ennuie ici.  Je propose donc a Raf de rentrer avec moi a Can Tho ou il pourra loger dans ma chambre ou a l'hotel (beaucoup moins couteux).  Nous decidons cependant de demander a l'agence s'il n'y a pas une "petite place" sur un bateau pour Phu Quoc.  Il y a peut-etre une chance au depart de Ha Tien qui est moins frequentee.

Miracle du business, il y a une place (et meme deux si on veut) sur le Rach Gia - Phu Quoc du 19/2 apres-midi.  Cout 320.000 VND au lieu de 250.000 VND, mais avons-nous le choix ?  Il faut que Raf rentre au plus vite sous peine de perdre trop sur son salaire, loger 3 nuits de plus a l'hotel coutera de toute facon plus cher que la difference de prix et Raf a hate de rentrer "chez lui".  Voila donc la cinquieme etape franchie, nous repartirons le 17, le billet n'arrivant que le soir du 16, nous devons passer une nuit de plus a Saigon.  

A mon tour

Nous voici donc le 22 fevrier et c'est a mon tour de preparer mes bagages, de dire au revoir a mon proprietaire et, demain, d'embarquer pour Rach Gia puis Phu Quoc. Je n'ai pas revu Su depuis un bon bout de temps : le 18 il est reparti pour Ca Mau ou l'un de ses amis est decede. 29 ans, c'est trop tot pour mourir.  J'ai cru a un accident de moto, mais le garcon etait malade.  Je me souviens qu'il y a quelques mois, Su m'avait parle de cet ami qui venait d'apprendre qu'il avait une maladie dans le sang (Su me dit "cancer", c'est possible, mais c'est le mot qui, dans son anglais, englobe tout ce qui est mauvais et mortel).  Su ne s'attendait pas a cette mort si rapide, je pense que ca va d'autant plus le faire reflechir a ses propres problemes de sante.  Il faut toujours que je me batte avec lui pour qu'il prenne ses medicaments, des qu'il se sent mieux, il arrete et, deux ou trois jours apres, c'est a nouveau la degringolade.  J'espere que cette mort prematuree d'un de ses amis proche lui donnera matiere a reflechir.

Nous avons donc rendez-vous demain a Rach Gia et embarquons pour Phu Quoc sur le bateau de 13 heures.  Nous logerons au guest house pendant quelques jours, le temps que j'achete au moins deux matelas et quelques accessoires, ensuite, nous entamerons les travaux d'amenagement de la maison et du commerce.  Du pain sur la planche en perspective, mais beaucoup d'espoirs nouveaux nous attendent.

A bientot, portez-vous bien et prenez courage pour ceux qui vivent dans le nord, le printemps ne tardera plus.

Bises

Pat