08 janvier 2010

Can Tho, le 8 janvier 2010

Bonjour tout le monde et Bonne et Heureuse Annee a tous.

Et oui, voici deja 2010 et, dans moins d'une semaine, le deuxieme anniversaire de mon entree au Viet Nam.  Je ferai un bilan comme l'an dernier plus tard, je n'ai pas trop le temps en ce moment.

Quid depuis ces deux dernieres semaines ?

  • Quelques jours passes a Can Tho avec Rene et Su
  • Un bref sejour a Saigon pour le reveillon de Nouvel An avec France
  • Retour a Can Tho, puis depart le lendemain pour Chau Doc ou je suis restee deux jours
  • Can Tho a nouveau en attendant le depart pour la Thailande.

Que dire de tout cela ?

Saigon est toujours aussi bruyante, polluee et animee que de coutume.  Il y avait encore plus de monde puisqu'on etait le jour du reveillon.  Les attractions de cette annee dans le parc de Pham Ngu Lao etaient assez mediocres : tant les petits pavillons musicaux de l'an dernier etaient plein de charme, tant les deux ou trois maisonnettes representant les habitations campagnardes de cette annee etaient sans saveur.  Ici aussi, le commerce prend la place sur la culture et il y avait plus de gargottes et endroits ou depenser son argent que d'attractions culturelles.  Les gens, d'ailleurs, ne s'attardaient pas vraiment et mis a part le theatre traditionnel sur le bateau, rien n'avait de reel interet.  

J'ai passe une bonne soiree de reveillon, la premiere partie avec France que je revoyais apres plusieurs mois d'absence, la seconde avec Su et Quy, le chauffeur.  Pas de cotillons ni de repas gastronomique, pas de chapeau pointu ni d'alcool, mais le plaisir de partager des moments avec ceux que j'aime et ca, ca vaut toutes les grandes receptions du monde.

Le 3, Su partait pour le second tour avec d'autres clients et je rentrais a Can Tho avec la perspective d'une semaine d'ennui et de solitude.  Je m'ennuie beaucoup a Can Tho, n'ayant plus de boulot, je n'ai plus rien d'interessant a y faire et je tourne en rond.  Comme il est tres difficile de trouver un coin tranquille, je reste souvent tres longtemps dans ma chambre et j'ai hate de bouger et de faire autre chose de ma vie.

Le lendemain, surprise, Rene me telephone pour me dire qu'il rentre du Cambodge et fera escale a Chau Doc.  Je n'avais jamais vu cette ville situee a quelques heures de bus de Can Tho et, sa reputation aidant, je me dis que ce serait peut-etre une bonne idee d'aller voir de quoi il retourne.  Rendez-vous est donc pris pour le surlendemain 17 heures au debarcadere.

Depart de Can Tho au bus de 9 heures, arrivee a Chau Doc a midi.  J'ai du temps devant moi et, comme a mon habitude, je vais prendre un cafe a la gare routiere.  La, je fais une rencontre amusante avec un conducteur de motorbike et je deviens l'attraction du moment.  Seule blanche a prendre la peine de m'arreter la et, qui plus est, qui parle un peu le vietnamien, tous voulaient savoir qui ? comment ? pourquoi ? quoi ? qu'est-ce ? combien de temps ? etc.  Le gentil chauffeur me donne 40 ans et me dit que je suis belle, ce qui, meme si c'est un peu force, me met de tres bonne humeur.  Comme c'etait deja arrive deux jours avant a Saigon, je me dis que je dois etre en bonne forme en ce moment.  

Apres une petite heure de conversation, je me decide enfin a rejoindre mon hotel, conseille par Su qui, par telephone, avait explique le chemin au chauffeur un peu depite d'apprendre que j'ai un copain vietnamien.  Petit hotel sympa, belle chambre double avec TV, frigo, airco et tele cablee, pas chere et propre, juste ce qu'il me faut.  Comme j'ai encore quelques heures a tuer, je pars a la recherche d'un cafe tranquille avec des sieges confortables ou je pourrai lire tranquillement.  Je trouve et passe deux heures agreables.  L'heure du bateau approchant, je me dirige a l'aise vers l'embarcadere. Pas de bol, il y en a plusieurs. J'en trouve un "touristique", demande si c'est bien la que s'arrete le bateau en provenance de Phnom Penh, on me donne une reponse tres evasive et m'invite a m'asseoir sur la terrasse qui fait egalement office de cafe et restaurant.  Palabres incroyables pour obtenir un cafe sua da, pas moins de quatre serveuses viennent a la suite pour verifier si c'est bien ce que j'ai commande et me proposer de manger.  Ca commence bien, ma bonne humeur s'envole doucement, je n'ai pas faim, je l'ai dit en anglais, en francais et en vietnamien... grrrr

Je recois enfin mon cafe (boisson nationale bien connue de tous et que je suis parfaitement a meme de commander dans la langue nationale), a croire qu'a Chau Doc, le cafe sua da n'est pas une boisson courante a l'embarcadere.  J'en avais consomme deux excellents un peu avant dans le petit cafe qui ne voit pas souvent de blancs, la patronne avait, elle, tres bien compris "mon" vietnamien.  Enfin, il me reste une petite demi-heure a attendre, j'essaie de retrouver ma zen attitude et d'ignorer les quatre dindes qui sont supposees servir les clients.  J'aimerais avoir confirmation que j'attends bien au bon endroit, mais rien qu'a voir leur air abruti, je renonce a demander quoi que ce soit.

Dix-sept heures passent, rien.  Dix-sept heures trente, toujours rien.  Je suis persuadee que je ne suis pas au bon endroit, mais je ne sais vraiment pas ou me diriger.  Rene ayant un portable, je me dis qu'il m'appellera, ce qu'il fait d'ailleurs quelques minutes plus tard.  Il me confirme que je suis au mauvais endroit et qu'il m'attend a l'embarcadere situe a un kilometre de mon point actuel.  Je prends donc un cyclopousse et vais le rejoindre.  Il s'installe a l'hotel et nous prenons rendez-vous quelques temps plus tard pour aller diner.

Nous cherchons un restaurant, bof... gargottes, gargottes, gargottes... rien qui nous tente, c'est assez miteux et sale.  Nous finissons par aviser, un peu par hasard, l'entree d'un restaurant .  La "salle" est au bord du fleuve et se compose de deux terrasses flottantes.  Pas d'etrangers, une carte en vietnamien uniquement, jusque la, pas de bleme, on est au Viet Nam, pas a Paris.  On commande.  Enfin, on essaie.  Ca ? Y'a pas.  Ca ? Y'a plus.  Yes ! On est mal barres ! On trouve finalement un plat pour chacun, ouf.  Pendant que nous attendons nos plats, les moustiques attaquent.  Chouette diner.  Litteralement bouffes.  Nous, on aimerait manger, en attendant, ce sont eux qui se regalent.  

Mon plat arrive, je dis a Rene que je commence a manger avant que ce soit froid, le sien, de toute facon, va arriver tres bientot.  Oui. Enfin.  On espere.  Apres plusieurs minutes, on rappelle le garcon qui n'avait pas compris et m'a servi un plat pour deux.  Heureusement, vu la quantite, si j'avais eu un plat unique, j'aurais eu tres faim a la sortie.  Finalement Rene recoit le sien, plus petit, mais avec beaucoup de riz (moi, j'avais opte pour des frites que j'ai decouvertes, "par hasard en dessous d'un morceau de viande").  Nous mangeons pendant que les moustiques nous mangent, puis, lasses de ce repas "collectif" et non desire, nous payons et partons.  Une fois, pas deux !

Retour vers le centre ville a la recherche d'un endroit ou boire tranquillement un cafe.  Galere, bruit, facies peu amenes.  On finit par trouver et s'asseoir un peu a l'ecart des baffles qui diffusent, comme partout dans la ville, de la musique "a fond la caisse".  Un peu de repit ?  Que nenni, le cafe est deja en train de fermer.  De toute facon, je dois faire pipi et, o rage, o desespoir, il n'y a pas de toilettes.  Que du bonheur Chau Doc !  On rentre donc a l'hotel un peu depites.  Entretemps, un ou plusieurs autres moustiques ont reussi a me bouffer les fesses malgre le produit que j'avais copieusement arrose sur mes vetements.  J'aime Chau Doc !

La journee du lendemain sera comparable a la precedente, nous sommes a la limite du petage de plombs.  Le bruit, la crasse, l'absence d'endroits agreables pour manger ou boire un cafe.  Bref, nous sommes heureux de repartir le lendemain.  Nous sommes deux a aimer Chau Doc !  C'est bien simple, j'aurais voulu aller visiter le Mont Sam, attraction principale de la ville, nous avons fini par renoncer tant nous etions enerves de tout ce tintouin.

Le lendemain matin, apres une ballade penible et de nouveaux enervements de ma part et de celle de Rene (pas entre nous, on s'entend tres bien), je vais chercher les billets de bus a la gare routiere a moto.  Nous trouvons ensuite un petit restaurant local ou le personnel ne rit que quand il se brule, ou nous mangeons pas trop mal mais pas trop bien non plus, allons recuperer nos affaires et prenons un taxi pour la gare des bus.  Ouf !  Adieu Chau Doc, sois certaine que ce n'est pas "qu'un au revoir ma soeur", on n'y reviendra plus.

Comme nous sommes en avance, nous retournons boire un cafe a la gargotte de la gare routiere ou j'etais passe a l'arrivee et la, le miracle se produit.  Les gens me reconnaissent et comme je suis accompagnee, les questions recommencent.  La patronne parle quelques mots de francais et nous demande de lui en apprendre d'autres, Rene est sous le charme, nous passons enfin un tres bon moment.  

Le retour fut egalement plus qu'agreable, j'avais reserve les deux places a l'avant a cote du chauffeur, un gars bien sympathique, amoureux de musique francaise et parlant quelques mots de la langue de Moliere.  Il me dragouille un peu ce qui amuse beaucoup Rene.  Le troisieme homme en moins d'une semaine qui me donne 40 ans et me trouve belle.  Decidement, ces chauffeurs, tous de grands dragueurs.

A bientot, portez-vous bien, ne prenez pas froid sous la neige d'Europe.

Pat

 

 

Posté par ottlnpac à 19:46 - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Can Tho, le 8 janvier 2010

  • Salut Patricia

    Salut Patricia !
    Sympa comme d'hab tes récits ! et instructifs qui plus est... à propos de Chau Doc !
    Une question m'est venue en te lisant; j'ai l'impression que tu te sens bien dans un endroit lorsqu'il n'y a que des locaux; que tu sembles éviter les endroits à touristes;
    Je me trompe ?
    Bonne continuation
    Cédric

    Posté par theced, 11 janvier 2010 à 22:22 | | Répondre
  • Oui et non ;-)

    Salut Cedric,

    Ta question est tres pertinente. En fait, le sentiment est assez mitige. D'un cote, il m'arrive tres souvent de m'enerver sur les locaux a cause de leur manque de reaction, du fait qu'il faille repeter plusieurs fois la meme chose pour obtenir satisfaction, etc. D'un autre cote, en effet, des que je suis quelque part, je recherche les endroits ou il n'y a que des locaux (cafe, restaurant, plage,...). Peut-etre me suis-je plus integree que je l'imagine ?

    Par ailleurs, j'ai vraiment aime mon sejour a Phu Quoc et pourtant je n'y ai cotoye que des Occidentaux. Occidentaux, mais pas touristes, donc, quelque part, des semi-locaux et, la aussi, quand je veux me relaxer, je choisis d'office le cafe vietnamien, la plage vietnamienne et je fuis les endroits frequentes par les touristes.

    En conclusion, je dirais que malgre tous ces enervements (qui, quand j'y pense, m'arrivaient egalement en Belgique mais pour d'autres raisons), je me sens tres bien aux cotes des Vietnamiens.

    Amities,
    Pat

    Posté par Patricia, 12 janvier 2010 à 03:37 | | Répondre
  • alors bonne année a toi aussi

    Hello Pat,

    Ainsi que je e l ai di, mais un peu en avance, je te renouvelle tous nos voeux en attendant "notre" année puisque ces voeux ne concernent que l année "tay" ça te fera deux occasions d espérer en 2010 et de réaliser ce que tu veux... puisque tu es tenace, nul n est besoin de le démontrer....

    Pour ce qui concerne ton impression "d'intégration", elle est réelle !!! je passe moitié moins de temps que toi au Vietnam mais je me sens tout comme toi "bien" aux côtés des locaux, ce qui me rend parfaitement égoïste vis a vis des expats car je me sens véritablement de l autre côté de la barrière.. je pense que tu dois comprendre ce charabia...

    Ton blog est une véritanle aubaine pou moi puisque je suis rentrée depuis une petite semaine et que tout un tas de tuiles me sont tombées sur le rable... tes propos ouvrent une éclaircie dans un avenir obscurci pour l instant.... encore merci et bonne continuation a toi.

    Bises Kimtwo

    Posté par kimtwo, 12 janvier 2010 à 09:26 | | Répondre
  • Hello Pat,

    J’ai ressenti la même chose que toi l’année dernière à Chau Doc, je n’ai même pas aimé le marché, c’est dire.

    Ici, - 2, neige et verglas ce matin.

    Bises.

    Pierre.

    Posté par Pierre, 13 janvier 2010 à 08:11 | | Répondre
  • t'es où ?

    Hello Pat,

    J'aimerais bien avoir des nouvelles fraiches : je vois que tu vadrouilles pas mal au travers d'autres sources... mais peut-être attends-tu l'année du Tigre pour te décider à nous feuler quelque chose sur le blog ??

    Allez, prends ton courage et ton clavier à deux mains... et racontes ... on est friand ..

    Bises - Kimtwo

    Posté par kimtwo, 31 janvier 2010 à 11:28 | | Répondre
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