Oups, je m'apercois que nous sommes le 12... un jour en retard, BONNE FETE MAMAN... Je sais que tu aimes qu'on y pense, mais ici, les jours passent et on ne fait pas tres attention.

Bonjour tout le monde,

A la demande generale, je reprends le clavier... Si je n'ai pas ecrit ces derniers temps, c'est pour deux principales raisons : la premiere, c'est que je n'ai pas grand chose a vous raconter, la seconde, je suis tracassee par l'absence de reponses a mes demandes pour obtenir un travail.  La vie etant chere, j'ai de quoi tenir encore un peu, mais je m'inquiete pour l'avenir.

Comme je dois prendre une decision concernant mon boulot pour la mi-septembre : rentrer ou rester, je suis plus que tracassee.  L'echeance approche et j'ai peur de m'engager pour une annee supplementaire et me planter royalement...   Voila donc LA principale raison de mon silence.  Economies obligent, je ne bouge plus beaucoup, donc je ne fais pas grand'chose d'interessant.

Une journee type actuelle se resume comme suit :

- le matin, reveil a sept heures, clope (eh oui, je garde mon vice), douche, puis cafe avec Su... et souvent Pierre, Paul ou Jacques... (ici, on dirait plutot Tam, Anh ou Trong, mais vous ne comprendriez pas) difficile d'avoir un moment d'intimite.

- huit heures trente, je donne un cours d'anglais a l'un des moines de la pagode khmere.  Cours gratuit, bien sur, je ne peux pas lui demander de me payer.  Il m'offre un cafe, c'est a peu pres tout ce qu'il peut faire.  Au debut, j'etais un peu ennuyee car il le paie de sa poche et les moines n'ont pas de salaire, mais c'est sa contribution et je crois qu'il serait mal a l'aise s'il ne pouvait m'offrir un petit quelque chose.

- dix heures trente, onze heures, tout depend de la lecon, je vais faire quelques courses ou lire un peu au bord du fleuve.  Parfois, je rencontre des etudiants et nous bavardons, parfois, j'avale une cinquantaine de pages.  Je vais d'ailleurs moderer mon allure de lecture, car ici a Can Tho, je n'ai pas encore trouve de librairie, bibliotheque ou autre ou je pourrais trouver des romans en francais.  Au pire, j'espere trouver des romans en anglais, mais c'est assez fatiguant de lire dans une autre langue que la sienne et apres deux bonnes heures de cours, j'ai envie de me relaxer et me vider la tete.

- onze heures trente, midi, tout depend de sa disponibilite et de l'urgence de nos estomacs, diner avec Su sur le marche.  10 a 15 mille dongs par personne pour un repas complet, on ne va pas rouspeter.  Parfois, quand Su est parti pour la journee, je m'achete un sandwich que je mange au bord du fleuve.  J'ai trouve une boulangerie ou on peut acheter des sandwiches fourres en plus des patisseries.  Je n'achete jamais de patisseries, il y a deja bien assez de sucre dans tous les plats du delta.  Meme les spaghetti bolognaise sont sucres...

- treize heures, treize heures trente, retour dans ma chambre, internet, mails, lettres de demandes d'emploi, forum, etc... En ce moment, je joue beaucoup a des jeux faciles qui m'aident a me vider la tete.

- quinze ou seize heures, selon la chaleur exterieure, je retourne au bord de la riviere ou je vais boire un cafe avec Su, selon qu'il est libre ou pas

Les soirees sont plus aleatoires, soit nous allons manger un bout vers 17 heures, soit je suis seule et je reste au bord de la riviere a regarder le jour tomber, lire ou bavarder avec l'un ou l'autre.  Quand je suis seule, je vais diner plus tard, je m'offre un repas "occidental", mais quand Su est la, 18 heures, c'est le maximum possible, sinon j'ai droit a "I'm hungry" toutes les cinq minutes.  Les Vietnamiens ont l'estomac regle comme une horloge. Comme il n'a pas les moyens de s'offrir le restaurant, nous allons manger "local" et pas cher.  Voila bien une chose que j'apprecie chez Su, il n'est ni avide, ni venal.  C'est moi qui propose d'aller diner, quand il peut, il paie, quand il ne peut pas, c'est moi, mais jamais il n'a emis le desir de me faire depenser pour son confort personnel.   

Plus tard le soir, je rentre et, comme je n'ai pas de tele, je me reconnecte sur internet. 

Voila, pas de quoi fouetter un chat ni vous faire de longs recits. 

Bien sur, certains jours ou certaines soirees sont plus animes, je rencontre Christian, un ami Francais et nous bavardons une bonne partie de la journee.  Il a un projet commercial et il a beaucoup a dire sur le sujet.  Christian aime bavarder, j'ecoute ;-)))  Je n'ai plus eu l'occasion de rencontrer Serge et sa femme (un autre ami Francais qui vit a Thot Not), ils sont tres occupes par les travaux d'emmenagement de leur gite.  Ce n'est que partie remise.

La semaine derniere, j'ai eu la visite de Michel, un Viet Kieu (entendez par la Vietnamien vivant a l'etranger) et nous sommes beaucoup sortis.  Restaurant, cafe-chantant...  Il decouvre le delta pour la premiere fois et est en ce moment a Ca Mau puis Rach Gia avant de repartir pour Saigon et la France.  J'ai ete son invitee.  Michel, si tu me lis, encore merci pour toutes ces soirees. 

Le 15 aout, je rencontre un contact du forum voyage, je suis invitee a partager le repas du soir avec sa famille sur le bateau-restaurant.  Il va m'apporter des mots-fleches, je me rejouis de les recevoir, ici, NADA...  Je suis impatiente de le rencontrer ainsi que ses enfants, nous avons de bons contacts via le forum et il me parait tres sympathique.

Une petite anecdote marrante de ce soir.

Avant de rentrer, je passe au CoopMarkt, un des grands magasins de Can Tho.  J'avais besoin, entre auttres,  de protections feminines.  Ici, les tampons sont une nouveaute et assez rares, donc coutent cher.  J'arrive a la caisse, je prends egalement un sac reutilisable - le CoopMarkt a instaure ce systeme, j'espere que la population va y souscrire, ca evitera les milliers de sacs plastiques qui polluent le Viet Nam - cet achat me vaut un grand sourire du caissier (mais pourquoi suis-je allee a la seule caisse tenue par un mec ???).  Il pointe mes quelques courses et, arrive a la boite fatidique, commence a enlever la protection plastique...

Je le regarde tout etonnee en me demandant s'il va regarder ce qu'il y a a l'interieur au vu et au su des autres clients qui attendent leur tour a la caisse.  Une femme me regarde avec un grand sourire, moi, je suis plutot mal a l'aise.  Apres le plastique, le voila qui fait mine d'ouvrir la boite.  La femme se marre et moi je deviens comme une ecrevisse...

Le caissier, voyant mon embarras, me montre alors les portiques de sortie.  OUF... En fait, vu le prix de l'article (65.000 VND la boite de 16), il est protege par une puce electronique... La caissiere derriere lui ayant compris qu'il risquait d'ejecter tous les tampons sur le tapis roulant est venue a la rescousse.  Tout le monde a bien rigole, moi aussi finalement, mais bon... Une chance que ce n'etait pas une boite de preservatifs sinon je crois que je serais entree sous la machine...

J'ai eu ma revanche, il m'annonce, tout fier, en anglais "one thousand dongs".  Je lui fais un grand sourire et lui sors un billet de 1000 dongs... Re-rigolade et j'ai finalement donne le bon billet de 100.000.  On s'amuse d'un rien ici !  Ca fait du bien, ca ne mange pas de pain et ca change des files d'attentes au GB en Belgique ou la moindre plaisanterie est prise (par les clients, pas par les caissieres que j'apprecie beaucoup) comme un facheux contretemps.

Cote Rafael, ca va bien, il a pas mal de boulot et son dernier coup de fil (initiative de sa part, wouaouw !) etait plutot joyeux.  Ca me met du baume au coeur, au moins j'aurai reussi quelque chose. 

Voila, il est deja 21.30 h, je vais encore surfer un peu puis dodo.

Bises a tous,
Pat