30 juin 2008

Les Hauts Plateaux, suite...

Hello tout le monde, voici la suite de notre periple


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Apres la balade et la double traversee de la riviere, nous quittons notre elephant avec lequel Qua est devenu copain. Maintenant, il a du mal a le quitter, meme s’il est soulage de ne plus etre sur son dos. Il discute longuement avec le mahout pendant que je rejoins le café et commande des boissons. Il fait chaud, mais par rapport a ce que nous subissons en ce moment a Nha Trang, c’est supportable.

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Je profite de la pause pour demander les renseignements sur le domaine, les prix et les possibilites de logement. Celui-ci est constitue de bungalows avec l’electricite, des matelas a poser par terre, une moustiquaire, une armoire et une salle de bain privative. Le confort est sommaire, mais suffisant. Les prix sont abordables, dix dollars pour une nuit. Nous en visitons un afin de prendre quelques photos puis prenons conge de nos hotes.

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Nous reprenons la route de Buon Ma Thuot sous le soleil et nous arretons pour nous restaurer dans un petit resto local. Soupe, riz et viande, le tout accompagne de the sans sucre bien glace. Qua est fatigue aujourd’hui, demi-nuit blanche oblige et nous ne tardons pas a rentrer a l’hotel. Une petite sieste sera benefique. Plus tard dans l’apres-midi, nous repartons nous promener dans la ville et glaner quelques renseignements supplementaires.

Les jeunes garcons qui m’avaient invitee la veille a me joindre a leur jeu, sont toujours la et nous saluent. Le jeu a la mode ici constitue a se passer a l’aide du pied une sorte de grand volant de badminton, la boule est un peu plus grosse et les plumes de plastique plus longue. Cela semble simple, mais ce n’est qu’un impression : vu la petitesse du bout du volant, il faut savoir bien rattraper pour pouvoir repasser le volant. Je ne connais pas les regles, je ne sais d’ailleurs pas s’il s’agit d’un simple amusement ou s’il y a une sorte de challenge pense pas qu’il y en ait d’ailleurs, il semble que ce soit un simple amusement. Pendant que nous prenons un verre a la terrasse d’un etablissement voisin, les garcons rivalisent de lancers et d’essais de pirouettes pour nous impressionner. L’un d’entre eux est vraiment tres peu doue et il semble gene de ne jamais pouvoir relancer ce satane volant. Je l’encourage de sourires, ce qui lui redonne un peu de baume au coeur.


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Le soir tombe et il est temps de regagner l’hotel et d’aller diner, l’estomac de Qua est regle comme une horloge et des six heures, il commence a se manifester. Ce soir, nous prenons notre repas au restaurant de l’hotel. En effet, j’ai dit a Qua que j’avais envie de nourriture occidentale et que je desirais manger a une vraie table avec de vraies chaises a hauteur d’homme. Les petits restos de rue sont agreables, mais je n’en fais pas mon quotidien.

Nous decidons donc de tester le restaurant trois etoiles ce qui va nous occasionner quelques fou-rires. La carte est belle, les plats sont divers, mais les prix sont un peu excessifs a mon gout. Neanmoins, je n’ai pas envie de me priver et j’ai tres envie de viande comme plat principal. Qua commande un repas vietnamien – son ouverture d’esprit est assez limitee quant a tout autre cuisine – et je demande un steak. Comme il n’est rien precise quant a l’accompagnement, je demande au serveur ce que l’on sert avec le steak. Soit il n’a pas compris, soit Qua a mal traduit, toujours est-il que lorsque je passe commande, je ne sais toujours pas ce que je vais recevoir. Qua a demande des frites, esperons que ce sera ce qui me sera servi.

Comme souvent dans les restaurants asiatiques, on apporte les plats au fur et a mesure qu’ils sont prets et non pas a tous les convives en meme temps. Qua est donc servi le premier et voit arriver des plats remplis de soupe, riz, legumes, un hoche-pot de porc en sauce et un plat de poisson; il y a de quoi nourrir quatre personnes. Nous sommes un peu etonnes lorsque la serveuse me propose de me servir du riz, je lui dis que j’attends mon plat. Il faut dire a sa decharge qu’au Vietnam, on commande en general des plats divers et que tout le monde y goute. Cependant, j’ai un trop plein de riz en ce moment et je n’ai vraiment pas envie d’en manger. J’attends donc qu’arrive mon steak.

Dix minutes plus tard, Qua a deja presque fini de diner et je ne suis toujours pas servie. Je suis sur le point de reclamer lorsque je vois arriver le serveur avec une assiette pleine de pommes de terre frites, la meme quantite que ce que l’on recoit chez nous a la friterie, mais pas de steak. Nous nous regardons et, comme je prends tout cela a la legere, tout en expliquant a Qua que s’il s’agissait de clients, nous devrions etre plus exigeants quant au service, nous plaisantons sur le service de l’hotel et surtout du restaurant. Affamee, je commence donc a manger les frites qui sont tres bonnes, ce qui est assez rare ici. Au bout de cinq bonnes minutes, toujours pas de steak. En riant, je dis a Qua que le serveur a probablement oublie de le commander a la cuisine. Nous plaisantons et rions de bon coeur a propos de toutes les experiences bizarres que nous avons deja vecues relatives aux serveurs et serveuses de cafes et de restaurant. Cela arrive tout le temps et, meme en vietnamien, il faut souvent repeter trois fois la commande pour esperer recevoir ce que l’on a commande, et encore, il y a souvent des erreurs. Les frites sont terminees, mais le steak brille toujours par son absence.

Cette fois, nous rions moins et Qua me dit que j’ai probablement raison et qu’effectivement le serveur n’a pas demande le steak. Nous l’appelons et il nous retorque que j’ai commande des frites et qu’il en a deduit que je ne voulais plus de steak. Comme j’ai trop envie de viande, je lui dis que je veux ce steak, quitte a le manger sans accompagnement, celui-ci ayant deja ete englouti. Il retourne a la cuisine et revient cinq minutes plus tard avec un beau steak grille accompagne de laitue. L’odeur est agreable aux narines et l’aspect est engageant.

Malheureusement, la viande est dure comme une vieille semelle usagee et je dois demander un couteau plus solide afin de la couper. Nous repartons d’un fou-rire car la situation est vraiment grotesque. Le gout est excellent, j’en conviens, la grillade est arrosee d’ail et de poivre croustillants, un petit jus s’ecoule de la viande, mais il faut avoir de tres bonnes dents pour mastiquer cette vieille carne. J’arriverai au bout malgre tout, mon estomac aura un peu de mal a digerer les morceaux avales quasi entiers, mais j’ai eu mon steak et mes frites, trois etoiles et a un prix tout ce qu’il y a de moins raisonnable. L’addition est salee, mais nous sommes de trop bonne humeur pour rouspeter et de toute facon, cela ne changerait rien a l’affaire. Nous decidons de deconseiller le restaurant a nos futurs clients s’ils desirent manger occidental. La nourriture vietnamienne, par contre, etait excellente et d’un prix raisonnable. Nous remontons dans la chambre pour nous reposer et passer une bonne nuit reparatrice, demain nous partons tres tot et avons un long chemin a parcourir.

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Le troisieme jour, lever aux aurores, Qua est un peu fatigue puisqu'il a regarde une partie du match et s'est rendormi (j'ai du eteindre la tele qui m'avait reveillee). Nous prenons un petit dejeuner copieux et partons pour Da Lat. Le soleil brille, mais la chaleur est supportable, dans ces montagnes, certaines routes nous menent a 2000 metres d'altitude, ce qui est bien agreable en ete car l'altitude tempere la chaleur ambiante. La route est belle, parfois un peu cabossee, mais le plus gros du trajet est maintenant asphalte.

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Ca et la, une bifurcation nous montre qu'une route plus belle et plus large est en construction. Bientot, relier Buon Ma Thuot a Da Lat sera une vraie partie de plaisir pour les conducteurs. Nous traversons de rares villages, souvent des minorites rassemblees, des maisons de bois, quelques petits commerces, mais le reste n'est que route de montagne et vallees. Beaucoup de forets d'hevea, quelques plantations, des rivieres en fond de vallon, des montagnes, des a-pics, une route superbe tres peu frequentee a cette heure matinale, bref, un vrai regal pour les yeux. 

Nous dinons dans un restaurant de village, le repas est classique et traditionnel, mais les mouches sont tres presentes et ennuyeuses.  La petite fille du magasin d'en face, sept ans tout au plus, ne peut resister a la curiosite de voir une "dame blanche" et vient accompagnee de son papa.  Tres timide, elle se cache derriere les jambes de ce dernier, mais risque de temps a autre un coup d'oeil dans ma direction.  Afin de l'apprivoiser, j'entre dans son jeu et, apres quelques minutes, elle se degage de son pere et vient me regarder sous toutes les coutures.  Les convives sont amuses de ce petit jeu et elle prend de l'assurance.  C'est peut etre la premiere fois qu'elle voit une blanche, cela m'amuse beaucoup.

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Nous reprenons la route vers Da Lat et nous arretons pour une pause cafe a une terrasse de village.  La encore, je suis regardee, appreciee, decortiquee.  Une jeune fille s'approche et marmonne quelque chose que je ne comprends pas.  Elle semble etre handicapee mentale, car meme Qua ne peut comprendre ses mots.  Elle nous montre ses sous, son petit sac plastique contenant un peigne, une brosse, du shampoing, de la poudre a lessiver en nous expliquant quantite de choses incomprehensibles.  Je lui fais signe d'approcher et lui donne une piece de 5000 dongs qu'elle accepte avec un grand sourire.  Dans son jargon, elle me fait comprendre qu'elle va s'en servir pour acheter du savon.  Qua lui propose le reste de sa bouteille de the et elle reste pres de moi pour la boire tout en continuant a m'expliquer bien des choses.  Elle me touche le bras pour sentir ma peau, me montre la difference de couleur entre elle et moi, puis entre Qua et moi (il est assez fonce de peau), montre ses seins (sans se deshabiller, evidemment) et puis les compare aux miens qui sont relativement plus gros.  Ca l'amuse beaucoup et moi aussi.  Il est temps de reprendre la route et nous lui disons au revoir.  En payant, j'achete une barre chocolatee que je lui offre, elle est tout heureuse et nous fait de grands signes de la main.

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Le chemin vers Da Lat est tranquille et nous sommes contents d'arriver car nos dos sont en compote.  La fatigue se fait sentir de plus en plus, nous avons deja pres de 450 kilometres a notre actif sur ces trois jours.  Nous nous rendons dans les deux hotels qui nous avaient ete recommandes, mais j'ai envie de confort et d'un bon lit.  Le premier semble pas mal, mais j'ai envie de mieux.  Le second est plein.  En passant, j'avais vu un bel hotel trois etoiles et je dis a Qua de nous diriger la.  Les prix sont a l'avenant, 40 USD pour une chambre double de categorie superieure, les autres etant toutes prises.  Le receptionniste me dit alors que nous aurons une chambre a 50 USD pour 40, ce qui m'interesse d'autant plus.  Apres recherche, le receptionniste, me dit qu'il est desole, mais que la derniere chambre a ete reservee et qu'il ne lui reste plus que des suites VIP.  Je ne sais s'il a lu ma deception sur mon visage ou s'il n'en avait cure, toujours est-il qu'il me propose la suite VIP au prix de la chambre double, ce que j'accepte avec grand plaisir.  En fait, nous sommes tous deux gagnants, ce genre de suite n'est pas souvent occupee et il aura au moins gagne 40 USD plutot que rien du tout.

Nous montons donc dans notre suite.  Elle se compose d'une premiere piece ou il y a un salon de cinq places, divan et fauteuils, un bureau, une tele, un minibar; d'une salle de bains avec baignoire; d'une seconde piece comportant un grand lit double et un plus petit, une tele, une garde robe, un bureau, un lecteur DVD, un mini bar, un grand miroir et un balcon.  Le tout est propre, neuf, agreable et confortable.  Je constaterai avec un bonheur infini que la literie est d'une qualite tres superieure a tout ce que j'ai connu jusqu'a present. 

Pendant que Qua se repose, je me fais couler un bain, le premier depuis des mois.  Mousse, eau chaude, place pour s'allonger completement : je vais mariner dans ce bonheur pendant une heure, le vrai paradis.  Ensuite, je decide d'aller en ville pour visiter quelques hotels et restaurants.  Da Lat est tres touristique par rapport au reste des Hauts Plateaux.  De nombreux occidentaux parcourent les rues, les restaurants et hotels sont legion, il y en a pour tous les gouts.  La ville est propre, joliment decoree, elle possede un grand lac et il est possible d'y faire de nombreuses activites comme l'escalade, le canyonning, la descente en rappel, du mountainbyke et bien d'autres encore.  Il y a de nombreux magasins et meme un cinema.  Par contre, on y est harcele comme dans toutes les villes touristiques.  Impossible de faire plus de vingt metres sans qu'on vous propose qui un tour en moto, qui une excursion, qui des cigarettes ou des chewing gums, enfin, je me retrouve dans l'ambiance de Nha Trang.

A mon retour a l'hotel et apres une bonne peche aux informations, je retrouve Qua lave et change, affame et avec un bon mal de tete.  Il me propose cependant de descendre pour diner, sa faim etant plus grande que sa fatigue et son mal.  Nous choisissons un petit restaurant chinois car celui que l'on m'a recommande est un peu loin et je n'ai pas envie de subir sa mauvaise humeur parce qu'il faut marcher.  La cuisine est bonne, en tout cas mon plat, mais Qua n'est pas satisfait.  Je le soupconne de rouspeter juste pour le plaisir, apres tout, c'est un homme et qui dit homme fatigue et pas en forme dit "casse-pieds", Qua est dans le top trois dans ces cas-la.

Je suis egalement tres fatiguee et plutot que de repartir visiter la ville en soiree, je rentre a l'hotel avec lui, pressee de me mettre au lit.  Comme il ne fait pas tres chaud, disons pas trop, il n'y a pas d'air conditionne et on supporte bien la couverture; cela me promet une excellente nuit car trop de chaleur m'empeche de bien dormir.  Le matelas est tres confortable, ni trop mou, ni trop dur, les oreillers sont parfaits et je m'endors facilement, epuisee de ces trois jours.  Qua a mis le reveil a une heure quarante-cinq, il veut regarder le foot, grand bien lui fasse.

perspective

Le lendemain matin, apres une tres bonne nuit, nous nous reveillons frais et dispos.  Nous allons prendre notre petit dejeuner et je me trompe d'endroit.  La salle est pleine de touristes vietnamiens, le buffet est rudimentaire, les plats proposes sont limites et le cafe mauvais.  Je dis a Qua que je trouve cela vraiment dommage pour un si bel hotel d'avoir un service de repas aussi mediocre.  Apres notre repas, je le signale a la reception et le receptionniste me dit que nous sommes alles dans la salle reservee aux tours operateurs et que pour les clients prives, le petit dejeuner se prend dans le cafe-bar.  Il s'en excuse, mais je lui dis que je suis la seule responsable et que ce fait me rassure etant donne que j'ai l'intention de lui amener des clients lors de tours prives.  Je prends ses coordonnees et paie mon du.  Nous remontons chercher nos bagages et partons pour notre derniere etape qui nous ramenera a Nha Trang.

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La route est toujours montagneuse pendant les premiers cent kilometres, mais nous descendons de plus en plus.  Plus nous nous rapprochons du pied des montagnes, plus la temperature augmente, la chaleur se fait a nouveau pesante et notre fatigue s'accroit.  Qua trace de plus en plus vite et je finis par lui dire qu'il serait temps de faire une pause, mon posterieur etant en grande souffrance.  De plus, j'ai envie de faire pipi et il n'y a pas d'endroits ou je puisse m'arreter dans la nature.  Nous nous arretons donc dans un cafe ou la tenanciere est affalee dans son hamac.  Elle nous sert avec regret et en poussant de gros soupirs.  Nous nous regardons en souriant et, lorsque je demande pour aller aux toilettes, alors qu'elle s'est deja recouchee dans son hamac, elle me dit qu'il n'y en a pas.  Je suis enchantee et Qua se marre !  Nous payons rapidement et nous pressons de repartir, il faudra bien trouver un coin pour me soulager.  Nous roulons encore un petit quart d'heure et nous arretons de nouveau dans un cafe ou cette fois il y a non seulement des toilettes, mais ou la patronne est bien plus accomodante.  Ce sera notre derniere pause avant de rentrer au bercail, fatigues, en sueur, mais contents de notre sejour.

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A bientot pour de nouvelles aventures.

Posté par ottlnpac à 10:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Les Hauts Plateaux, suite...

    Merci

    de partager votre expérience. J'ai beaucoup aimé les Hauts Plateaux du centre, lors d'un voyage en août 2006. Le marché de Buon Ma Thuot au petit matin, les rues de la ville, les gens très aimables sont très bon souvenir.

    Posté par Michelle, 07 juillet 2008 à 12:30 | | Répondre
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