15 mai 2008

Presqu'un mois deja...

Nha Trang, le 15 mai

Hello tout le monde,

Presqu'un mois deja que je n'ai pas complete ce blog.  Que le temps passe vite !

J'espere que vous etes tous en forme malgre les mauvaises nouvelles que je recois de Belgique (meteo degueu jusqu'a fin avril; politique, n'en parlons pas; augmentation de tout ce qui est necessaire, mais pas des salaires...). 

J'ai moi aussi eu mon passage a vide.  Trois bonnes semaines de desillusions et de petits chagrins, mais bon... quand je pense au pays, je me dis que je n'ai pas a me plaindre et que la vie est quand meme belle sous les Tropiques.  Chaude, tres chaude pendant quinze jours... Les nuits etaient tres difficiles a "vivre" et surtout a dormir (je ne m'endormais que sur le coup des deux heures du matin tellement j'avais chaud) et les journees etaient tellement chaudes que mes neurones etaient en decomposition totale.  J'ai commence a ecrire mon roman, mais lui aussi est reste en rade faute d'imagination; le website n'avance pas (par ma faute) et j'ai "glande" pas mal a la maison et je me suis gavee de tele meme si TV5 MONDE - ASIE n'est pas vraiment le nec plus ultra.

J'ai quand meme fait quelques contacts pour les trips organises, mais j'attends des nouvelles de la plupart des clients potentiels.  Qua n'a pratiquement pas de travail en ce moment et c'est pareil pour tous ses collegues qui se plaignent terriblement du manque de touristes.  J'ai lu aussi, quelques romans, pas toujours les meilleurs, mais ca detend.  Mary Higgins Clark, ca me rappelle le boulot, mais ca m'amuse.

J'ai enfin recu des nouvelles de l'ecole du delta du Mekong, mais il faut attendre encore avant d'y aller car ils veulent organiser une grande fete et cela ne pourra se faire qu'apres les examens.  J'ai egalement recu la visite de Trong, un ami restaurateur de Hoi An que nous avions rencontre a plusieurs reprises lors de nos passages dans cette ville.  J'ai pu faire la connaissance de JP, un francais qui voyageait avec un groupe et qui m'a donne quelques unes de ses impressions sur le voyage et les autres voyagistes.  Ce fut une soiree tres interessante et instructive. 

Bientot, c'est Sylvain, un Viet Kieu Francais qui va venir nous rendre visite a Nha Trang, pour le moment, il est dans sa famille dans le delta.  J'ai hate de le voir, ca fait du bien de discuter de temps a autre avec des gens de passage qui n'ont pas encore perdu le contact avec l'Europe, car de mon cote, je me rends compte a quel point je vis en decalage avec mon passe (eh oui, la Belgique, c'est mon passe maintenant, j'en suis intimement persuadee, mais je ne vous oublie pas).

J'ai recu d'autres visites, dans ma maison, un peu moins agreables, celles-la : quatre araignees, deux un jour, deux le lendemain... berk !  Elles sont geantes !!! Pas dangereuses ni venimeuses, Qua m'a meme dit qu'il ne fallait pas les tuer mais les pousser dehors... Desolee, je tue !!! 

Mes autres locataires sont plus jolis, ce sont des geikos (petits lezards) qui ont la bonne idee de manger un maximum d'insectes.  Ceux-la, ils sont les bienvenus en permanence.  Le soir, ils se promenent sur les murs du living ou de la cuisine.  Ils viennent regarder la tele avec nous ;-)))

Il y a une dizaine de jours, c'est une petite grenouille qui est venue me rendre visite pendant la nuit.  J'etais occupee a regarder un documentaire et soudain, je vois un mouvement dans l'ombre.  Apres la visite des araignees, je suis sur le qui-vive et mon premier reflexe a ete de grimper sur le divan, pieds pres des fesses... Comme je ne voyais plus bouger, je me dis qu'il etait grand temps de prendre mon courage a deux mains et de me debarrasser de l'intrus.  Je m'etends jusqu'au commutateur, allume la grande lumiere et fixe le sol avec une grande crainte, persuadee de tomber une fois de plus sur un monstre a huit pattes.  Rien ne bouge... etonnant !

Enfin, je me decide a poser un pied par terre, puis l'autre et a avancer vers le point ou l'animal effrayant s'etait refugie.  Je saute d'abord dans mes tongues - chez nous, on vit pieds nus en permanence -, puis je pars en exploration.  Le bruit de mes pas a alerte le locataire qui s'est d'abord avance d'un bond (aie, une araignee qui saute, au secours !).  Puis, comme la chose restait figee, je m'en suis approchee, bombe insecticide a la main.  C'est a ce moment la que je me suis trouvee nez a nez avec une petite grenouille brune encore plus terrorisee que moi.  Elle me regardait sans bouger en se demandant certainement quel etait cette horrible et effrayante bete qui la surplombait d'un metre cinquante.  Ouf !!! Une petite grenouille, pas de quoi faire dans ma culotte, quel soulagement !

Afin de ne pas effrayer d'avantage ma visiteuse, j'ai sagement rejoint le divan et eteint la lumiere, me demandant comment elle avait pu entrer.  La petite chose est restee une bonne heure au milieu du salon, peut etre a essayer de rassembler tout son courage pour enfin quitter cet antre malefique.  Puis, a un moment, elle s'est enfin decidee a se diriger vers la porte et s'est glissee dans l'interstice qui mene a l'exterieur.  Je me demande toujours comment elle a pu s'ecraser autant pour sortir.

Hier, par contre, je ne sais pas si c'est son mari ou son pere, mais j'ai croise un crapaud enorme en sortant de la maison.  Il a de nouveau plu tres fort ces jours-ci, notamment il y a deux jours et les batraciens ont decide de quitter les abris pour decouvrir le monde.  Il y en a beaucoup un peu partout, mais rarement si pres des entrees de maison, je les comprends, ils n'aiment pas trop les gros animaux dangereux que nous representons a leurs yeux.


Autre source de tracasserie, le voisin.  Il construit sa maison, une toute nouvelle, qu'il fait de ses mains avec l'aide pour la maconnerie de quelques ouvriers - et surtout ouvrieres, car ce sont surtout les femmes qui bossent au Viet Nam, notamment pour les gros travaux fatiguants -.  Donc, depuis trois semaines, de six heures trente du matin jusqu'a six heures du soir, c'est boucan, vacarme et compagnie.  Pan, pan, pan; ziiii, ziiii, ziiii; clac clac, clac et autres joyeusetes comme je les aime.  Mais il faut quand meme reconnaitre le merite de cet homme qui aura quasi tout fait lui-meme.  Il avait commence par les encadrements de portes et fenetres - c'est son metier - ziiiiii, ziiiiiiiiiii, ziiiiiiiiiii la polisseuse... Ensuite, il a demoli sa cabane - il habitait dans une maison en planches ou, je pense, il ne devait y avoir qu'une seule piece de vie et une toilette - vlam, vlam, vlam, les planches qu'on jette les unes sur les autres, mais que l'on recuperera pour en faire des meubles.  Apres cela, un jour de calme, il a fallu creuser les fondations : trente centimetres, pas plus, tout autour de ce qui sera la nouvelle habitation. 

Cela fait, premiere construction du mur d'enceinte.  Un metre environ.  Bien, pas trop bruyant, sauf quand les tracteurs venaient decharger les briques, paves, rocs et autres... ceux qui allaient servir a... aucune idee, je ne sais pas ou il les a mis.

Les soubassements construits, j'ai eu la surprise de le voir remplir le tout de graviers (peut etre les rocs d'ailleurs qu'il a reduits en petits cailloux, car j'ai entendu taper et taper encore la veille, mais je n'ai pas vu, j'etais en deplacement), puis a recouvert d'une couche de sable qu'il a tassee a la main.  Incroyable !  Ca fait un boucan d'enfer, mais sous cette chaleur, je tire mon chapeau !  Toute la surface a ete dammee par deux hommes, le tout a l'aide d'un baton au bout duquel ils avaient attache une plaque de metal d'environ 50 centimetres de cote.  Fou !  Apres le dammage, l'arrosage, je suppose pour tasser le tout.  Sechage pendant une bonne journee, heureusement, avec la chaleur, ca seche tres vite, puis il a recouvert le tout d'une couche de beton et fait une chape qu'il a lissee egalement a la main.  La maison est donc surelevee comme la mienne, ce qui me fait predire que la saison des pluies amenera son lot d'inondations.  Nouvel arrosage puis sechage et re-lissage.  Pendant les periodes de sechages, je m'etais dit que j'allais avoir un peu de calme.  Que nenni !  Cet homme est un vrai bourreau de travail.  Il en a profite pour construire d'autres chassis.  Ziiiii, ziiiii, ziiiii... Pan, pan, pan.... Clac, clac, clac...

Le beton seche, on monte les murs.  Arrivages journaliers de briques, vlam balam badam... Mise en tas desdites briques par des femmes et leurs enfants... patati, patata, fais pas ci, fais pas ca... (je ne comprenais pas ce qui se disait, mais au ton des meres et a la mine des gamins, j'ai l'impression qu'ils se sont plus d'une fois fait enguirlander).  Scriiitch, scriiitch, scriiitch... la pelle qui remue le mortier.  Pang, pang, pang... les cailloux que l'on casse - et ca, je ne sais pas pourquoi, je les ai perdus de vue.  Les murs montent et je peux observer de la terrasse la disposition des pieces : quatre "cellules" sur la droite dont trois sans fenetre, une piece a l'arriere qui servira probablement de salle de bain et toilette vu les tuyaux qui y ont ete raccordes, une grande piece a gauche et une plus petite en facade, mais sans mur exterieur, il s'agira probablement d'une entree pour garer les motobykes.  Je plains les personnes qui vont dormir dans ces "chambres", car rien n'existe pour les aerer ni les eclairer naturellement.  On pourrait presque croire qu'il s'agira de mini salles de cinema.

Les murs montes, il faut penser a la grille ou a la porte avant.  Pang, clang, bang... Notre futur proprietaire creuse des espaces dans la brique afin d'y faire penetrer plus que probablement des montants metalliques... Je ne sais, je n'ai pas encore compris a quoi serviront ces encoches creusees a meme la brique.  Je sais une chose en tout cas, c'est que ca fait beaucoup, beaucoup de bruit.  J'avais l'impression qu'il allait passer a travers notre mur et se retrouver dans le salon.

Hier et avant-hier, ils ont place le toit.  De grandes plaques de tole ondulee, inclinees pour laisser glisser les pluies torrentielles qui ne vont pas manquer de s'abattre sur nous en octobre et novembre et une petite "terrasse" sur l'avant, raccordee a un tuyau d'evacuation; le dit tuyau d'ailleurs, n'etant raccorde a rien et fera s'ecouler les eaux...sur la place publique, je suppose...

Voila ou nous en sommes des travaux.  Cela fait trois jours que je n'ai pas pu ouvrir la porte-fenetre de ma chambre ni les tentures, car pour acceder au toit, les ouvriers ont place une echelle sur mon seuil et ont vue sur ma chambre.  Bah, ce n'est pas que ca me derange, mais comme je suis une femme blanche, ils sont tres curieux de savoir comment je vis, comment je dors, ce que j'ai chez moi et, si la chance pouvait etre de leur cote, comment je suis faite sous mes vetements.  Je suis donc obligee de rester dans la semi-obscurite en permanence, mais cela devrait s'arreter bientot, ils n'ont plus de raison d'aller se balader sur le toit, il est termine. 


Dimanche dernier, j'ai passe l'apres-midi et la soiree avec Trong.  C'etait son dernier jour a Nha Trang et bien que j'etais completement KO des suites de notre excursion dans les iles de la veille, j'ai accepte de l'accompagner pour une visite des environs.  Nous sommes donc alles jusqu'a la falaise a une quinzaine de kilometres de la ville pour voir le paysage et deguster quelques mets vietnamiens dans un restaurant au bord de la mer.

Le debut d'apres-midi a ete ensoleille et chaud, mais apres, le temps s'est gate.  De gros nuages sont arrives par les montagnes et la pluie a commence a tomber.  Nous nous sommes installes a une table sous toit, mais avec une vue splendide sur la mer, les montagnes bordant la baie et les iles.  Trong a choisi quelques mets que nous avons partages en bavardant.  Il faut dire qu'il est un excellent cuisinier et qu'il est de ce fait tres critique.  Il a commence par une soupe aux crevettes; celle-ci etait epaissie au crabe (ou plutot au surimi).  Cela commencait mal.  Ensuite, des nems aux legumes et a la viande.  Ceux-ci ont eu droit a une appreciation tres honorable, c'est-a-dire que pour moi, ils etaient delicieux et pour lui, ils etaient bons.  Ah ces cuistots, quelle plaie quand ils vont manger ailleurs que dans leur propre cuisine !

Le troisieme plat etait une salade composee de legumes, de lamelles de porc et d'une autre viande que je n'ai pas su reconnaitre et dont le nom vietnamien m'etait totalement inconnu.  Une petite vinaigrette la relevait et j'ai trouve cela excellent.  Trong, pour sa part, a deplore le fait qu'il y avait certains ingredients qui n'auraient pas du s'y trouver et lui a attribue une mention "satisfaisant".

La pluie, entretemps, s'etait remis a tomber et le soir avait decide d'en faire autant.  Il etait dix-huit heures quinze et les chances d'une eclaircie se faisaient de plus en plus minces.  Le bus de Trong etant programme a vingt-heures, il a bien fallu nous decider a rentrer.  Trong a charge un des serveurs d'aller nous acheter deux capes protectrices, ce sont des especes de manteaux de plastique fin que l'on enfile par la tete et qui arrivent a  mi-mollet.  Elles ont un capuchon que l'on met sur la tete avant d'enfiler son casque.  Elles ne tiennent en general qu'un voyage, avec un peu de chance une journee, mais se dechirent tres tres vite.  Lorsqu'on enfile ces capes, on ressemble a un pingouin, ce qui est tres amusant pour ceux qui assistent au spectacle, mais un peu moins pour celui qui est dedans.

La route etait detrempee et nous avions quinze kilometres a faire sous la pluie.  J'avais omis de relever mon pantalon et la cape, vu ma position sur le motobyke ne protegeait pas suffisamment mes jambes.  Trong, lui, etait assailli au visage par les cordes qui tombaient du ciel.  Plus nous avancions, plus la route etait trempee, parfois garnie de grandes flaques d'eau dans lesquelles il fallait bien passer en s'eclaboussant les jambes et les pieds.  Les tongues etaient deja trempees, le bas de mon pantalon gouttait et, par osmose, faisait remonter l'eau jusqu'a mes cuisses.  Arrives en ville, nous avions prevu d'aller partager une pizza dans un restaurant ou Raf et moi allons souvent, mais il nous fallait d'abord repasser a l'agence de location pour rendre le motobyke car l'heure etait depassee depuis longtemps.

L'agence se trouve sur Hung Vuong, une des rues principales de Nha Trang.  Le debut de la rue etait encore praticable, les seconde et troisieme parties ne laissaient plus apparaitre que le centre de la chaussee, les bords etant deja inondes.  Nous avons donc pu arriver jusqu'a l'agence et deposer le motobyke sur le trottoir sureleve.  Nous avons tordu nos vetements comme nous le pouvions et nous sommes installes pour un petit moment en attendant que la pluie diminue.  Celle-ci, au contraire, n'etait vraiment pas decidee a se calmer et des trombes d'eau incroyables tombaient du ciel.  En une demi-heure, la rue a ete completement inondee et il ne restait que deux ou trois centimetres pour que l'eau penetre dans l'agence.  Nous avons passe notre temps a regarder les intrepides qui tentaient malgre tout de rouler dans cette riviere improvisee et, comme prevu, calaient leur moteur au bout de quelques dizaines de metres.  Ils etaient donc obliges de descendre du motobyke et de le pousser jusqu'a un promontoire.  Certains pietons s'aventuraient pieds nus et avancaient coute que coute.  Des touristes pour la plupart qui voulaient probablement avoir l'occasion de raconter leurs exploits a leurs copains lorsqu'ils seraient de retour au pays. 

Une heure plus tard, la pluie a enfin diminue et l'eau est redescendue.  Rafael est arrive avec Philippe, ils avaient fait le meme chemin que nous, mais sous une pluie bien plus forte.  Ils etaient completement trempes, car ils n'avaient pas de vetements de pluie.  Il etait trop tard pour la pizza, le bus devait arriver une demi-heure plus tard, ou plutot devrais-je dire "en retard" et il etait deja vingt heures passees.  La route etant a nouveau praticable avec un peu de prudence et de courage, nous avons dit au revoir a Trong et sommes rentres a la maison en esperant que le village ne serait pas sous eau. 

Mais... je bavarde, je bavarde... voici presque vingt heures arrivees...

A bientot pour de nouvelles aventures,

Portez-vous bien, on vous embrasse,

Pat, Raf et Qua

Posté par ottlnpac à 14:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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