Ah oui, c'est a voir !

Bonjour tout le monde,

Aujourd'hui, apres une matinee fructueuse en rencontres pour mon boulot et mes renouvellements ulterieurs de visas, je suis allee prendre ma deuxieme lecon de conduite avec Qua. 

Je voulais louer un motobyke, mais il a prefere prendre le sien (grande marque de confiance, je dois dire, car c'est aussi son outil de travail).  Nous sommes donc partis vers le Nord, le long de la route de la plage pour arriver la ou il n'y a presque personne et ou l'on peut conduire en toute quietude.

Je fais des progres... J'ai compris comment fonctionnent les changements de vitesse, le frein arriere (qui sur la vieille moto de Qua est indispensable pour changer de vitesse car couper les gaz ne suffit plus) et le point mort (qui ne sert quasi a rien).  La theorie ca va, c'est comme sur une voiture, surtout quand le motobyke est vieux.

J'arrive a faire demi-tour sans mettre mon pied par terre, a ralentir, a eviter les obstacles faciles et Qua ne tient plus du tout le guidon quand je roule (il m'a meme dit qu'il n'avait pas prie avant le debut de la lecon).

Aujourd'hui, apprentissage du demarrage (eh oui, c'est complique).  La, ca coince un peu.  Il faut enclencher la premiere, changer de pied d'appui (le droit sert a enclencher les vitesses, le gauche pour le frein arriere), mettre les gaz, remettre le pied sur la pedale de vitesses, couper les gaz, passer la seconde (paf ! je cale !!!).  On remet ca... Premiere, deuxieme... je cale... La troisieme fois, c'est Qua qui tient la manette des gaz et on y va.  Troisieme, quatrieme, troisieme... Merde !!! la pedale est trop dure !  (il faut pousser avec le talon pour retrograder tout en diminuant les gaz et en freinant du pied droit).  Paf, je cale. 

Et ainsi de suite pendant une heure... Le tout entremele d'allers et venues pour ne pas trop se fatiguer ni endommager la pauvre vieille moto.  Les changements vers le haut, ca va, le passage de la troisieme en retrogradant est arrive lorsque j'ai decide de pousser avec l'avant du pied plutot que le talon et une ou deux fois, les arrets et redemarrages ont ete corrects.  Et tout ca sans la moindre engueulade de la part de Qua, sans stress ni mouvement d'humeur.  Cet homme est un modele de patience, je vais finir par croire qu'il m'aime vraiment !

Apres l'heure de conduite, nous avons decide de rentrer en ville par la montagne (j'ai prefere que Qua reprenne les commandes) et la, j'ai pu voir des endroits vraiment sublimes.  La route est en construction et n'est pas encore tres frequentee.  On roule tranquilles entre mer et montagne, la baie s'incurve tres fort a cet endroit et on a l'impression que ce sont des iles que l'on voit en face alors qu'il s'agit de la terre ferme.  Le tout dans des tons de bleu pur et de vert intense.  Quand je pense que j'ai lu dernierement qu'il ne fallait pas s'arreter a Nha Trang parce qu'il n'y a rien a y voir...!!!  N'importe quelle femme qui est emmenee dans un endroit aussi paradisiaque par son copain, fiance ou mari craque tout de suite, je peux vous l'assurer !!! Je comprends encore mieux pourquoi on dit que les Vietnamiens sont d'incorrigibles romantiques.

Nous avons egalement traverse un village de pecheurs, ici aussi le petit port se trouve dans une baie tres incurvee, les bateaux sont tous bleus, les femmes trient les poissons au bord de la route, les enfants jouent et font des "Hello", les hommes se reposent avant de repartir pecher pendant la nuit; ca sent le poisson frais et le barbecue.  Bien sur, c'est pauvre et meme si les maisons sont en dur pour la plupart, il existe encore quelques cabanes en tole, la route est completement defoncee et les pluies de ces derniers jours ont laisse quelques flaques, la proprete est plutot absente, mais malgre leur pauvrete, les gens sont souriants et accueillants.  Ici, pas de restaurant, pas de fioritures, pas de boutiques a touristes, tout va soit au marche, soit dans l'assiette (plutot les restes, d'ailleurs, qui ne pourront etre vendus).

Apres avoir quitte le village, nous avons encore roule un petit quart d'heure tout seuls dans la montagne, puis il a bien fallu reprendre la nationale avec ses camions, ses bus, ses voitures et son bruit.   Il etait  cinq heures passees et tout au long du parcours, l'odeur des pho (soupe de nouilles agrementee d'epices, de legumes et de viande ou volaille) prepares au bord de la route nous a accompagnes tout du long.  Nous sommes arrives en ville l'estomac dans les talons.

Decidement, Nha Trang recele vraiment des tresors incroyables et je n'ai pas fini de les decouvrir.